NOUVELLES
04/01/2016 06:31 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Irak: manifestations contre l'Arabie saoudite, attaques antisunnites

Des milliers d'Irakiens ont manifesté lundi contre l'exécution par l'Arabie saoudite d'un important dignitaire chiite alors que des attaques antisunnites ont tué deux personnes faisant craindre une résurgence des violences intercommunautaires.

Pays majoritairement chiite, l'Irak compte une importante minorité sunnite et les deux communautés s'étaient violemment affrontées dans le passé. L'exécution du cheikh chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr samedi par l'Arabie saoudite sunnite pourrait raviver ces tensions.

Des milliers de partisans de l'influent chef chiite irakien Moqtada al-Sadr ont manifesté à Bagdad près du ministère des Affaires étrangères pour demander à leur gouvernement de rompre les liens avec l'Arabie saoudite en signe de protestation contre l'exécution du cheikh Nimr.

"Nous demandons la fermeture de l'ambassade saoudienne", a affirmé Ahmad, l'un des manifestants.

"Gouvernement, trouvez une solution sinon nous allons brûler aujourd'hui l'ambassade", scandait la foule en colère qui essayait de forcer l'une des entrées de la Zone verte fortifiée où se trouve l'ambassade du royaume saoudien.

Ils ont été repoussés par la police et la manifestation s'est terminée sans incident.

Lundi matin, des hommes armés ont fait détoner des bombes dans deux mosquées sunnites du centre de l'Irak, dans la ville de Hilla et le village de Sinjar, selon la police et des médecins.

Un homme d'une vingtaine d'années qui logeait dans une de ces mosquées avec sa famille après avoir fui les combats à Ramadi est mort, selon un habitant et un médecin.

A Iskandariya, une ville à 40 km au sud de Bagdad, le muezzin de la mosquée sunnite Mohammed Abdallah al-Joubouri, a été abattu par des hommes armés.

Iskandariya est située dans une région mixte où vivent des sunnites et des chiites. Cette région avait été appelée "le triangle de la mort" dans les années 2000 en raison de la flambée de violences entre les deux communautés.

Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, un chiite, a promis sur Twitter que les auteurs de ces attentats seraient traqués, pointant du doigt le groupe jihadiste sunnite Etat islamique (EI).

"Nous avons ordonné aux forces irakiennes de traquer les gangs de Daech (un acronyme en arabe de l'EI) et leurs semblables, qui ont visé ces mosquées pour semer la sédition", a-t-il dit dans un tweet.

Le ministère de l'Intérieur a accusé des "éléments infiltrés" d'avoir perpétré ces attaques "pour raviver les violences entre chiites et sunnites" après l'exécution du religieux chiite Nimr.

L'exécution de ce cheikh très respecté, critique de la famille royale saoudienne et défenseur de la minorité chiite en Arabie, a suscité l'indignation dans le monde chiite, de l'Iran au Liban en passant par l'Irak et Bahreïn.

Le Premier ministre irakien avait fait part dimanche d'un "énorme choc" et a averti du potentiel déstabilisateur de l'exécution de Nimr.

L'exécution du cheikh Nimr a été vivement condamné par des chefs religieux chiites irakiens mais également par des dignitaires sunnites de ce pays.

str-jmm/iw/mer/tp