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04/01/2016 09:02 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

France: ouverture du procès pour évasion fiscale du marchand d'art Guy Wildenstein

Le procès d'un Franco-Américain, Guy Wildenstein, héritier d'une riche famille de marchands d'art accusé d'avoir caché au fisc français des sommes colossales, s'est ouvert lundi à Paris.

M. Wildenstein, 70 ans, est accusé de fraude fiscale et blanchiment aggravé. Il a, selon les enquêteurs, soustrait à l'impôt la plus grande part de la fortune familiale, faite de tableaux et de biens immobiliers de prestige, après le décès de son père en 2001 et après la disparition en 2008 de son frère aîné.

Le fisc français a adressé fin 2014 un redressement de plus de 550 millions d'euros aux héritiers Wildenstein, dont la fortune totale est estimée à plusieurs milliards.

Le marchand d'art, qui a été un soutien actif de la droite française, notamment de l'ex président Nicolas Sarkozy, comparaît aux côtés de son neveu Alec Junior et de sa belle-soeur Liouba, laquelle est en guerre ouverte avec le reste de la famille.

Restés le plus souvent muets lundi, les prévenus n'ont pris la parole qu'en début d'audience pour donner quelques éléments d'identité, peignant en plusieurs langues le portrait de groupe d'une élite fortunée et mondialisée.

Strict complet gris sur cravate et chemise bleue, cheveux gris plaqués en arrière, Guy Wildenstein a dit avoir des revenus d' "un million de dollars par an".

Alec Junior, courte barbe et costume cravate, détenteur de trois passeports (français, américain, suisse), sans travail ni revenu, a dit vivre au Kenya, où la famille possède un gigantesque ranch immortalisé dans le film "Out of Africa".

Sur le même banc, Liouba Wildenstein, quadragénaire à l'abondante chevelure brune, n'a échangé ni regard ni parole avec Alec Junior, son beau-fils, ou avec Guy, son beau-fère.

Veuve de l'héritier Alec Wildenstein, mort en 2008, cette sculptrice russe est en guerre ouverte contre son ancienne belle-famille, qu'elle accuse de l'avoir lésée dans la succession. Elle est poursuivie pour blanchiment.

Sont aussi convoqués à Paris deux avocats, un notaire, et deux sociétés financières basées l'une aux Bahamas, l'autre à Guernesey.

Ces deux paradis fiscaux hébergent les "trusts" de la famille, des fonds très discrets qui jouent un rôle majeur dans l'évasion fiscale au niveau international.

L'existence de ces "trusts" a été révélée à la suite de conflits d'héritage entre les fils Wildenstein et leurs belles-mères, épouses en secondes noces des chefs du clan.

Ces rivalités, qui donnent à l'affaire une allure de "Dallas-sur-Seine", ont mis les enquêteurs sur la trace de plusieurs tableaux de Bonnard ou Fragonard, d'un ranch gigantesque au Kenya ou encore de chevaux de course.

Guy Wildenstein risque jusqu'à dix ans d'emprisonnement pour les faits qui lui sont reprochés.

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