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04/01/2016 09:16 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Crise entre l'Arabie saoudite et l'Iran

Principaux développements de la crise entre les deux puissances rivales au Moyen-Orient, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite, déclenchée par l'exécution par Ryad d'un dignitaire chiite.

- 2 JANVIER: Ryad annonce l'exécution du cheikh chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr, opposant à la dynastie sunnite des Al-Saoud, avec 46 autres personnes condamnées pour "terrorisme", dont la majorité pour des attentats attribués au réseau extrémiste sunnite Al-Qaïda.

- Manifestations à Qatif (est), région abritant l'essentiel de la minorité chiite du royaume où le cheikh avait été la figure de proue de la contestation anti-régime en 2011.

- Téhéran promet que Ryad paiera un "prix élevé". Des déclarations "irresponsables", juge Ryad accusant Téhéran de soutenir le terrorisme "sans vergogne". Convocations réciproques des représentants diplomatiques.

- Des monarchies sunnites du Golfe soutiennent Ryad, notamment Bahreïn, --confronté aussi à une rébellion de sa minorité chiite-- où la police disperse des manifestants criant "mort aux Al-Saoud".

- Le monde chiite s'indigne. En Irak: manifestations dans la ville sainte chiite de Kerbala et appels à fermer l'ambassade saoudienne rouverte le 15 décembre 2015 après 25 ans de suspension des relations.

- Dans la soirée, en Iran, des centaines de manifestants incendient partiellement l'ambassade saoudienne à Téhéran avant d'être chassés par la police qui arrête 40 d'entre eux. A Machhad (nord-est), des manifestants incendient le consulat saoudien.

- 3 JANVIER: Le guide suprême iranien Ali Khamenei assure que "la main divine" vengera l'exécution du cheikh, qualifiée d'"agression" par l'ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite d'Irak.

- Le président iranien Hassan Rohani juge toutefois "totalement injustifiables" les attaques contre les représentations saoudiennes.

- Le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah condamne le "terrorisme" de Ryad. "Il faut faire attention à ne pas transformer la question en (conflit) sunnite-chiite", dit-il tout en assurant qu'on "ne peut passer outre" à l'exécution du cheikh.

- Des milliers de chiites manifestent au Pakistan et au Cachemire indien où des affrontements éclatent à Srinagar avec la police.

- Des tirs contre la police dans le village natal du cheikh exécuté tuent un civil et blessent un enfant (agence saoudienne SPA).

- En soirée, Ryad annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec Téhéran, exigeant le départ sous 48 heures des membres de la représentation iranienne. Washington appelle Ryad et Téhéran à prendre des "mesures pour calmer les tensions".

- 4 JANVIER: L'Iran accuse Ryad de chercher à aggraver "les tensions" régionales, estimant que la rupture diplomatique n'effacera pas "l'erreur stratégique" de l'exécution du cheikh.

- En Irak, des milliers de partisans du chef chiite Moqtada Sadr manifestent à Bagdad, appelant à la rupture des relations avec l'Arabie saoudite. Deux mosquées sunnites sont visées par des attentats (un mort) et le muezzin d'une troisième tué.

- Bahreïn et le Soudan annoncent la rupture de leurs relations avec l'Iran. Les Emirats arabes unis rappellent leur ambassadeur à Téhéran et réduisent les liens diplomatiques. A Téhéran, 3.000 personnes huent la famille régnante saoudienne et brûlent des drapeaux américain et israélien.

- L'Arabie saoudite interrompt toutes ses liaisons aériennes avec Téhéran.

- La Russie est "prête à soutenir" un dialogue entre Ryad et Téhéran. Le Premier ministre britannique critique les exécutions et juge la crise "extrêmement préoccupante". La France appelle à la "désescalade".

- Selon un diplomate américain, le secrétaire d'Etat John Kerry s'est entretenu avec ses homologues iranien et saoudien pour presser les deux puissances rivales de faire baisser les tensions.

- Le médiateur de l'ONU en Syrie Staffan de Mistura est attendu dans les prochaines heures à Ryad puis à Téhéran, deux protagonistes majeurs du conflit syrien.

- Réunion à la demande de Ryad de la Ligue arabe dimanche au Caire.

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