NOUVELLES
04/01/2016 02:52 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Birmanie: pour Suu Kyi la priorité du prochain gouvernement sera la paix

La première mission du prochain gouvernement birman sera de "bâtir la paix" dans le pays, a estimé lundi Aung San Suu Kyi dont le parti, vainqueur des dernières élections, doit prendre les rênes du pays dans quelques semaines.

"Nous devons construire la paix. Construire la paix sera le premier devoir du nouveau gouvernement", a-t-elle déclaré au siège de son parti à Rangoun, lors d'un discours pour célébrer l'indépendance du pays.

"Nous devons travailler à inclure tout le monde au sein d'un accord de cessez-le-feu signé en organisant une conférence de paix vraiment efficace", a-t-elle ajouté.

Ancienne colonie britannique, la Birmanie est confrontée depuis son indépendance en 1948 à des soulèvements de groupes ethniques qui réclament plus d'autonomie.

Dans plusieurs régions frontalières du pays, des combats meurtriers opposent régulièrement armée et groupes rebelles ethniques. Une situation explosive compliquée par l'enjeu du contrôle des richesses naturelles, comme le rubis ou les bois précieux.

Le 15 octobre, huit des 15 groupes rebelles ont signé un cessez-le-feu partiel.

Jusqu'ici Suu Kyi, prix Nobel de la paix, a donné peu de détails sur le prochain gouvernement et ses priorités et a fait profil bas depuis la victoire écrasante de la LND en novembre, lors des premières élections libres depuis 25 ans.

Le système politique birman, hérité de la junte, impose une période de transition très longue entre les élections législatives et l'entrée en fonction du nouveau pouvoir. Le nouveau Parlement, qui élira le prochain président, doit se réunir pour la première fois début février.

Aung San Suu Kyi elle-même ne peut devenir présidente en raison d'une Constitution héritée de la junte qui interdit la fonction suprême à toute personne ayant des enfants étrangers: or les fils d'Aung San Suu Kyi sont britanniques.

Mais elle a déjà prévenu avant les élections qu'elle avait un "plan" et qu'elle serait "au-dessus du président".

En décidant en 2011 son auto-dissolution, la junte a permis à la Birmanie une sortie de décennies de dictature militaire et d'isolement qui ont laissé le pays exsangue. Cependant le pouvoir politique est resté jusqu'à aujourd'hui concentré entre les mains d'anciens généraux.

Dans un pays laissé en ruines par la junte, avec un système d'éducation et de santé en lambeaux, les défis qui attendent les nouveaux députés du parti d'Aung San Suu Kyi sont considérables.

hla-tib/ros