POLITIQUE
31/12/2015 04:00 EST | Actualisé 31/12/2015 04:00 EST

Les conseillers de Justin Trudeau sont pessimistes dans le dossier du Moyen-Orient

ASSOCIATED PRESS
FILE - This undated file image posted on a militant website on Jan. 14, 2014, which has been verified and is consistent with other AP reporting, shows fighters from the al-Qaida linked Islamic State of Iraq and the Levant (ISIL) marching in Raqqa, Syria. slamic State militants are barricading down for a possible assault on their de facto capital Raqqa, hiding among civilian homes and preventing anyone from fleeing, as international airstrikes intensify on the Syrian city in the wake of the Paris attacks. For many, the threat of missiles and bombs from the enemies of Islamic State is more of an immediate threat than the vicious oppression of the jihadis’ themselves. (AP Photo/Militant Website, File)

OTTAWA _ Le groupe armé État islamique continuera à menacer toute la région du Proche et du Moyen-Orient tant qu'on n'aura pas trouvé une solution politique viable à la crise en Syrie _ ce qui ne serait pas pour demain.

Voilà la conclusion brutale à laquelle en arrivent les conseillers de Justin Trudeau dans des notes de service préparées pour le nouveau premier ministre, le mois dernier. Les hauts fonctionnaires estiment que les conflits en Irak et en Syrie menacent la région tout entière, y compris d'importants alliés du Canada comme le Liban, la Jordanie et la Turquie.

Les djihadistes ont profité d'un déficit de gouvernance et de luttes interconfessionnelles en Syrie et en Irak pour y prendre le contrôle de vastes régions. Se basant sur une observation stricte de la charia, ils ont au passage persécuté et massacré des membres de minorités religieuses, lit-on dans les notes de service obtenues par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Le Canada maintient que les dirigeants irakiens doivent surmonter les divisions entre factions rivales et mener des efforts concertés pour contrer la progression du groupe armé État islamique (ÉI), afin de rétablir la stabilité à long terme dans le pays. "Le Canada souhaite résolument l'avènement d'un État irakien inclusif, démocratique et uni", lit-on dans les notes de service.

Par ailleurs, les conseillers du premier ministre blâment sévèrement le président syrien Bachar el-Assad pour avoir réprimé toutes manifestations, en 2011, une décision qui aurait, selon eux, permis aux djihadistes de s'implanter dans ce pays. "Quoiqu'impensable dans un avenir proche, la seule solution viable en Syrie exigera des compromis entre le gouvernement et diverses factions de l'opposition."

Le Canada a rompu en 2012 ses liens diplomatiques avec la Syrie, ajoutée à la liste des pays qui soutiennent le terrorisme, et Ottawa a imposé plusieurs vagues de sanctions économiques. Pendant ce temps, le Canada a tenté de rebâtir ses relations diplomatiques avec l'Irak, en y multipliant notamment les visites ministérielles.

Le Canada lutte contre le djihadisme au Moyen-Orient par l'entremise d'une coalition internationale menée par les États-Unis. Le premier ministre Trudeau a promis de mettre un terme à la participation du Canada dans les frappes aériennes contre les positions de l'ÉI en Irak et en Syrie, et de miser plutôt sur la formation des forces de sécurité irakiennes.

Avec l'appui constant de la communauté internationale, les forces irakiennes devraient, à moyen terme, pourvoir contenir la progression de l'ÉI et reprendre le contrôle de certaines régions, croient les conseillers du premier ministre Trudeau.

Mais la mainmise de l'ÉI en Syrie, par contre, continuera à menacer l'Irak et la région "car on n'assiste à aucun progrès vers une transition politique véritable et inclusive à Damas qui pourrait freiner la radicalisation et la prolifération des groupes terroristes et extrémistes", notent les conseillers.

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