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31/12/2015 07:05 EST | Actualisé 31/12/2015 07:05 EST

Match des Anciens: La multiplicité de grands moments a bâti la rivalité Canadien-Bruins

Olivier Samson Arcand via Getty Images
BOSTON, MA - DECEMBER 31 : Mike Lalor #38, Mathieu Dandenault #25, Gilbert Delorme #27, Rick Green #5 and Patrice Brisebois #71 of the Montreal Canadiens on the bench against the Boston Bruins in the Alumni Game on December 31, 2015 during 2016 Bridgestone NHL Winter Classic at Gillette Stadium in Foxboro, Massachusetts. (Photo by Olivier Samson Arcand/NHLI via Getty Images)

FOXBOROUGH _ De la hargne, il y en a eu beaucoup entre le Canadien de Montréal et les Bruins de Boston depuis leur toute première confrontation, le 8 décembre 1924. Mais pas jeudi.

En attendant l'événement principal de vendredi, d'anciennes gloires du Canadien et des Bruins se sont affrontées dans une atmosphère empreinte de bonne humeur et de rires, jeudi après-midi lors du match des Anciens.

Il reste que si la détente était de mise, ces compétiteurs dans l'âme ne voulaient pas perdre. C'était notamment le cas de Yvan Cournoyer, qui agissait à titre d'instructeur responsable des défenseurs, auprès de Jacques Demers et de Guy Lafleur.

"On va là pour gagner! On a une très bonne équipe, deux bons gardiens, de bons défenseurs. On veut gagner pour préparer le match du lendemain!", avait lancé Cournoyer à quelques jours de cette rencontre amicale.

Le souhait de Cournoyer ne s'est pas matérialisé, les anciens des Bruins l'emportant 5-4 en fusillade grâce au but décisif du grand Raymond Bourque devant 42 193 spectateurs qui ont beaucoup semblé apprécier le spectacle.

Étrangement, la grande vedette des anciens Bruins aura été Mark Recchi, un ancien pilier du Tricolore, qui a marqué deux des quatre buts de son équipe en temps réglementaire. Chez les anciens Canadiens, Patrice Brisebois, Alex Kovalev, Steve Shutt et Donald Audette ont fait bouger les cordages.

Multitude de grands moments

Dans l'histoire de la LNH, aucun tandem d'équipes n'a croisé le fer aussi souvent que le Canadien et les Bruins. Et selon le vénérable Dick Irvin, c'est la fréquence de ces rendez-vous, et non un événement particulier, qui a servi de rampe de lancement à la rivalité.

"On avait l'impression qu'ils s'affrontaient tous les ans en séries!", lance l'ancien analyste et descripteur des matchs du Tricolore.

Irvin, une encyclopédie du hockey et de l'histoire du Canadien, remonte jusqu'aux années 50 pour retracer les premiers moments marquants de cette rivalité.

De cette époque, l'homme de 83 ans en relève deux, impliquant chaque fois Maurice Richard.

Le 8 avril 1952, en demi-finale, le Rocket, le visage encore ensanglanté après une violente mise en échec, a inscrit le filet victorieux lors du match ultime. Ce but a mené à une photo inoubliable, celle où le gardien "Sugar" Jim Henry serre la main à Richard tout en lui faisant la révérence.

"Dans le hockey d'aujourd'hui, Richard n'aurait jamais pu marquer ce but ; il aurait été transporté à l'hôpital pour soigner une commotion cérébrale", note Irvin, dont le père dirigeait le Canadien à l'époque.

Trois ans plus tard, le 13 mars 1955, un incident entre Richard et le défenseur Hal Laycoe, a mené à un coup de poing fatidique, celui que Richard a assené au juge de lignes Cliff Thompson? et à la fameuse émeute du 17 mars au Forum.

Pause et reprise

Après le rendez-vous de 1958 en grande finale, que le Canadien a gagné en six matchs, les Bruins ont périclité au point où ils ont été exclus des séries éliminatoires pendant huit saisons consécutives entre 1960 et 1967.

L'arrivée de Bobby Orr, en 1966, et de Phil Esposito, un an plus tard, a redonné du lustre aux Bruins et relancé la rivalité avec le Canadien.

"Quand j'étais adolescent au début des années 60, les plus grands rivaux du Canadien étaient les Maple Leafs, se souvient Réjean Houle. Personnellement, je n'ai commencé à sentir la rivalité Canadien-Boston que lors de ma première saison dans la LNH, en 1970-71", confie-t-il.

La relance aura été spectaculaire et marquée de nombreux autres épisodes historiques. Comme la victoire surprise du Tricolore en quarts-de-finale en 1971, ou le fameux but égalisateur de Guy Lafleur, huit ans plus tard.

"Le but de Lafleur est peut-être celui qui a été rediffusé le plus souvent, note Irvin. Mais qui se souvient que c'est contre les Bruins, lors du 6e match de la demi-finale que 1969, que Jean Béliveau a marqué le seul but de sa carrière en prolongation? Et qui se rappelle que le seul match de Don Cherry dans la Ligue nationale a eu lieu contre le Canadien ?

"C'est remarquable le nombre de moments du genre entre le Canadien et les Bruins."

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