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30/12/2015 01:14 EST | Actualisé 30/12/2015 01:16 EST

Pour le Nouvel An, Paris n'est pas vraiment une fête

Pas de feu d'artifice, une ouverture rognée des Champs-Elysées, des restaurants qui ne font pas le plein et des militaires dans les rues : Paris s'apprête à fêter le Nouvel An, toujours groggy après les attentats de novembre.

La traditionnelle célébration du Nouvel An dans la capitale française a été maintenue sur la célèbre avenue des Champs-Elysées, mais elle se déroulera sous le signe de la sobriété et avec des mesures de sécurité renforcées.

Il s'agira du plus grand rassemblement autorisé en France depuis l'instauration de l'état d'urgence au soir des attaques jihadistes du 13 novembre, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés dans des bars, restaurants et une salle de concert.

« Nous ne pouvions pas ne rien faire. (...) Après ce que notre ville a vécu, nous devons envoyer au monde un signal : "Paris est debout" », a justifié sa maire, Anne Hidalgo, dans une interview récente à l’hebdomadaire Journal du dimanche (JDD).

Les festivités prendront en revanche un tour plus modeste que les années précédentes : le feu d'artifice a été annulé, « question de décence » souligne l'entourage de la maire, et la durée des projections lumineuses sur l'Arc de Triomphe sera raccourcie à dix minutes, de 23 h 50 à minuit (17 h 50 à 18 h heure de l'Est).

Pour des raisons de sécurité, la préfecture de police de Paris a également décidé de réduire la durée pendant laquelle les Champs-Elysées seront réservés au public : l'avenue ne sera fermée à la circulation que 45 minutes avant l'arrivée de 2016 et elle rouvrira une demi-heure après le passage à la nouvelle année.

Les années précédentes, les Champs étaient réservés aux fêtards durant la majeure partie de la soirée et de la nuit. Pour fêter 2015, 600.000 personnes s'y étaient retrouvées.

Les autorités restent discrètes sur l'important dispositif de sécurité prévu cette année, mais il sera supérieur à celui mis en place le 31 décembre 2014, pour lequel 1.700 policiers avaient été mobilisés.

Moins 20 % au Moulin Rouge

Pour les restaurateurs parisiens, habituellement pris d'assaut pour le réveillon, la Saint-Sylvestre 2015 a un goût amer avec des réservations en chute libre : -50 %, selon le Synhorcat, l'un des principaux syndicats français de l'hôtellerie-restauration.

Depuis les attaques de novembre, divers secteurs liés au tourisme ont subi une baisse d'activité dans la capitale : hôtels, grands magasins, bateaux de promenade sur la Seine. Les restaurants n'ont pas échappé à la règle avec « une clientèle étrangère vraiment en baisse », notamment les Américains et les Japonais.

Ces défections ne sont pas compensées par les Parisiens, qui vivent dans « un climat anxiogène () qui fait que les gens vont hésiter à sortir le 31 », souligne Alain Fontaine, un responsable du Synhorcat.

« Habituellement, le 31 décembre, tous les restaurants qui sont ouverts font le plein de clients », mais « les Parisiens évitent ce genre de rassemblement depuis les attentats », confirme Bernard Boutboul, directeur de Gira Conseil, un cabinet d'expertise qui fait référence pour le secteur.

Les cabarets et leurs dîners-spectacles sont aussi affectés, à commencer par le Moulin Rouge, qui a perdu 30 % de ses clients depuis les attentats. « Depuis une semaine, on sent une reprise », déclare une porte-parole. Et si sa soirée du 31 peine à séduire autant qu'à l'accoutumée (-20 %), les organisateurs espèrent bien convaincre encore quelques fêtards.

Parmi ceux décidés à braver leurs peurs, Kaï Larson, une jeune Américaine vivant à Paris. Pour elle, c'est simple : « les terroristes ont visé n'importe quel bâtiment, donc soit tu as peur de tout et ils ont gagné, soit tu sors. »

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