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30/12/2015 02:25 EST | Actualisé 30/12/2015 03:36 EST

Nos coups de cœur en humour en 2015

Mike Harrington via Getty Images
Portrait of young bearded man with tattooed arms in red and blue check shirt and beanie, laughing with head back and eyes shut

Sur la scène humoristique, 2015 a été riche en éclosion de nouveaux talents (Korine Côté, Olivier Martineau, et même Mario Tessier, qui se commettait pour la première fois en solo) et a aussi consacré des visages déjà connus, qui se sont fait remarquer avec du nouveau matériel de qualité (Daniel Lemire, Stéphane Rousseau, Sylvain Larocque, Maxim Martin, etc).

Le Huffington Post Québec a vu tous les spectacles d’humour sortis dans la dernière année et vous dresse ici la liste de ses coups de cœur. Peut-être aurez-vous envie de voir un ou plusieurs d’entre eux en 2016…

Korine Côté – Mon show

Korine Côté a été notre plus belle découverte en humour, cette année. Le sens de l’observation, la répartie, les aptitudes de conteuse et la performance scénique de la demoiselle font de Mon show un spectacle dynamique, dont on ne veut pas manquer une seule réplique. Qu’elle parle de Tim Hortons, des Anges de la rénovation, de son voyage en Écosse ou des chefs cuisiniers à la télévision, Korine Côté est terre-à-terre, incisive et ironique, des traits qui servent bien son style inspiré de la vie de tous les jours. La brunette a un peu de Louis-José Houde dans le nez, et on lui souhaite un succès similaire à ce dernier.

Mon show est toujours en tournée partout au Québec, au moins jusqu’à l’automne. Lisez ou relisez ici notre critique.

Guillaume Wagner – Trop humain

Guillaume Wagner représente peut-être, à quelques nuances près, pour la génération Y, ce qu’Yvon Deschamps a signifié pour les baby boomers et ce que Daniel Lemire a été pour la génération X… en (beaucoup) plus virulent. Avec Wagner, pas de mièvreries, mais de la dénonciation et des vérités en pleine face. Du haut de sa jeune trentaine, le garçon relève nos contradictions et nos faiblesses sociales, et il le fait bien. Dans Trop humain, son esprit critique on ne peut plus aiguisé s’exprime de façon percutante, en abordant mille et une incongruités, dans un long monologue, sans numéros distincts et pas toujours tordants, mais fort bien tournés. Son personnage de scène, arrogant à souhait, ne peut pas plaire à tous, mais remercions-le de sortir des sentiers battus et de nous brasser un peu la cage.

Trop humain est toujours en tournée partout au Québec, au moins jusqu’à l’automne. Lisez ou relisez ici notre critique.

Dominic Paquet – Rien qu’s’une gosse

Dominic Paquet est sûrement une antithèse de Guillaume Wagner. Pas que le troisième one man show de l’humoriste ne soit pas intelligent ou pertinent ; mais le charme de Rien qu’s’une gosse réside complètement ailleurs. Il s’affirme dans le débit de Dominic Paquet, dans sa performance physique, dans ses mimiques impayables, dans les images qu’évoquent dans nos esprits ses analyses savamment rendues, ainsi que dans ses exagérations parfois tellement justes, et à crouler de rire. On se souviendra de son «éloge» au poulet frit Kentucky et de son délire sur l’origine des jours de la semaine. Dominic Paquet est unique en son genre, chez nous, et son talent allie de grandes qualités. Il a la finesse des stand up comiques qui cisèlent leurs textes avec ardeur, et sait jouer comme le faisait jadis un Olivier Guimond.

Rien qu’s’une gosse est toujours en tournée partout au Québec, au moins jusqu’au début 2017. Lisez ou relisez ici notre critique.

Maxim Martin – Maxim Martin enfin

Maxim Martin se dévoile en toute authenticité dans son quatrième solo, Maxim Martin enfin. Celui qui aurait pu ruiner sa vie dans les excès et les paradis artificiels s’est habilement repris en main… et utilise maintenant son passé d’ex-«mauvais garçon» pour faire rire. L’homme est toujours cru – peut-être trop au goût de certains - mais ses gags salaces servent désormais un propos judicieusement audacieux, jamais choquant pour le simple plaisir de la chose. À un certain moment, Maxim Martin enfin prend des allures de confession, mais ce n’est jamais lourd. Beaucoup d’amour et de sincérité se dégagent de ses textes très imagés. Maxim Martin enfin n’est pas pour les oreilles chastes ; or, Maxim Martin a su demeurer fidèle à son style tout en ayant évolué comme artiste. On a hâte de voir comment il continuera de grandir professionnellement.

Maxim Martin enfin est toujours en tournée partout au Québec, au moins jusqu’à l’automne. Lisez ou relisez ici notre critique.

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Ex æquo

Sylvain Larocque - Dans le blanc des yeux

Stéphane Fallu – Bon deuxième

On a de la difficulté à trancher entre les réflexions brillantes et si bien articulées de Dans le blanc des yeux, de Sylvain Larcoque, et l’humour bon enfant, mais hautement divertissant de Bon deuxième, de Stéphane Fallu. Avec son quatrième one man show, Sylvain Larocque use de la ligne directrice du pessimisme pour aborder une foule de notions, allant de l’intimidation à la langue française, du racisme à la religion, en tablant sur des exemples et des comparaisons drôles et bien tournés. Les textes de Dans le blanc des yeux sont éminemment forts et solides. Stéphane Fallu, pour sa part, prouve avec son deuxième spectacle, Bon deuxième, qu’il est bien plus que le faire-valoir de ses collègues humoristes, un rôle dans lequel on l’a souvent cantonné. Son univers rassembleur, qui saute un peu du coq à l’âne, ratisse large et amuse du début à la fin. On prendra plaisir à aller applaudir Stéphane Fallu et ses clins d’œil sur les conventions établies, sur ses enfants, sur les politiciens et sur les manies coquettes des femmes, entre autres, en famille, ou en groupe, pour un agréable moment de légèreté.

Dans le blanc des yeux et Bon deuxième sont toujours en tournée partout au Québec, au moins jusqu’au printemps dans le cas de Sylvain Larocque et jusqu’à l’automne pour Stéphane Fallu. Lisez ou relisez ici et ici nos critiques.

Mention spéciale

Olivier Martineau – Éponyme

On ne s’est pas nécessairement beaucoup tapé sur les cuisses au spectacle d’Olivier Martineau, son premier, simplement titré à son nom, mais il faut à tout prix saluer la singularité du petit monde de cet humoriste, dont le personnage de scène est juste assez insolent. «Le monde est cave», telle est la prémisse de départ d’Olivier, qui nous bombarde ensuite de punchs à la chaîne, dans une cascade de mots impressionnante, remplie d’observations savoureuses… et baveuses. Martineau a su se démarquer de tous les autres comiques québécois en créant son propre style. Il ne ressemble à personne, c’est ce qui fait son charme. Et ses gags, toujours décapants, défoulent joyeusement. Un jeune homme à découvrir, si ce n’est déjà fait.

Olivier Martineau est toujours en tournée partout au Québec, au moins jusqu’à l’automne. Lisez ou relisez ici notre critique.

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