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27/12/2015 23:54 EST | Actualisé 27/12/2016 00:12 EST

Yémen: l'ex-président Saleh veut parler à l'Arabie, pas au gouvernement

L'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh, allié aux rebelles Houthis pro-iraniens qui contrôlent la capitale, a rejeté tout nouveau round de pourparlers avec le gouvernement, souhaitant plutôt un dialogue avec l'Arabie saoudite qui mène une campagne militaire contre les insurgés.

S'exprimant dimanche soir devant des membres de son parti, le Congrès populaire général (CPG), M. Saleh a affirmé: "nous ne participerons pas au (futur) dialogue si la guerre ne s'arrête pas".

Six jours de pourparlers interyéménites se sont achevés le 20 décembre en Suisse sans véritable percée et l'ONU, qui parraine ces consultations, a annoncé un nouveau round pour le 14 janvier. Le quotidien koweïtien Al-Qabas a affirmé lundi que le Koweït avait accepté d'accueillir le nouveau round de discussions.

Des délégués du CPG ont participé aux premières négociations qui incluaient leurs alliés, les rebelles chiites Houthis, et des représentants du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par l'Arabie saoudite.

"Si la guerre s'arrête, nous aurons des discussions avec l'Arabie saoudite et non avec les délégués des fuyards", a affirmé M. Saleh, redoutable tacticien de 73 ans, qui a gouverné le Yémen pendant 33 ans.

Son successeur, M. Hadi, avait été contraint de fuir le Yémen vers l'Arabie saoudite en mars dernier, alors que les rebelles menaçaient les forces progouvernementales dans la ville d'Aden (sud).

Le président est depuis retourné au Yémen où les combats se poursuivent en dépit d'un cessez-le-feu décrété le 15 décembre pour coïncider avec les pourparlers en Suisse. Depuis mars, le conflit a fait quelque 6.000 morts, 28.000 blessés et 2,5 millions de déplacés.

"La bataille n'a pas encore commencé", a affirmé M. Saleh, ajoutant: "elle commencera s'ils (le gouvernement et la coalition sous commandement saoudien qui le soutient) ne choisissent pas le chemin de la paix".

Dans son discours, l'ancien chef de l'Etat a proposé de "coopérer" pour convaincre les Houthis d'accepter de négocier directement avec les Saoudiens, qualifiés jusqu'ici "d'agresseurs" par les rebelles.

Depuis novembre 2014, M. Saleh fait l'objet de sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU (gel d'avoirs financiers, interdiction de voyager).

En mai, M. Saleh avait affirmé avoir refusé des "millions de dollars" de l'Arabie saoudite s'il se retournait contre les Houthis. L'ex-président appartient à la minorité zaïdite (branche du chiisme), de laquelle sont également issus les Houthis.

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