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28/12/2015 01:13 EST | Actualisé 28/12/2016 00:12 EST

Vers une interdiction de politique pour les binationaux au Cambodge

Le Premier ministre cambodgien Hun Sen, au pouvoir depuis plus de trente ans, a annoncé lundi la prochaine interdiction de vie politique pour ses concitoyens ayant plusieurs nationalités, une attaque à peine déguisée contre son adversaire, Sam Rainsy, également français, en fuite.

"La loi sur les partis politiques doit restreindre les chefs de partis à avoir la seule nationalité cambodgienne, afin qu'ils ne puissent pas utiliser leur passeport étranger pour fuir au moindre problème", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie de remise de diplôme.

"Si vous avez une nationalité étrangère, vous devez l'abandonner. N'ayez pas peur de renoncer à une nationalité pour servir le Cambodge", a-t-il ajouté, appelant l'opposant Sam Rainsy à rentrer de France pour purger sa peine de prison.

Les appels de la communauté internationale aux autorités cambodgiennes leur demandant d'abandonner les poursuites judiciaires contre le chef du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), accusé de "complot", n'ont rien donné.

Sam Rainsy, qui n'en est pas à son premier exil, fait l'objet depuis le 20 novembre d'un mandat d'arrêt au Cambodge à cause d'une vieille affaire de diffamation, mais également d'accusations de "complot".

Le chef du plus grand parti d'opposition avait appelé peu avant, depuis le Japon, à une transition pacifique dans son pays, citant l'exemple de la victoire électorale de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, suscitant la colère de Phnom Penh.

Au Cambodge, où des élections législatives doivent avoir lieu en 2018, les relations houleuses entre le pouvoir et les partis d'opposition se sont envenimées encore après les élections de 2013 à la suite desquelles le CNRP avait accusé le parti au pouvoir de fraudes.

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