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28/12/2015 11:28 EST | Actualisé 28/12/2016 00:12 EST

États-Unis : le policier qui a tué Tamir Rice, 12 ans, est blanchi

Un grand jury a disculpé lundi les deux policiers impliqués dans la mort de Tamir Rice, un enfant noir de 12 ans, le 22 novembre 2014 à Cleveland.

Le grand jury, qui entendait des témoignages depuis plusieurs semaines, a écarté la responsabilité criminelle des policiers dans l'affaire.

Le procureur du comté de Cuyahoga, Tim McGinty, invoque de son côté « un concours de circonstances désastreux », précisant qu'il était évident que le jeune garçon était en train de retirer son pistolet de sa ceinture lorsque les policiers ont décidé de tirer, et qu'ils n'avaient aucun moyen de savoir à ce moment-là qu'il s'agissait d'un jouet.

Le procureur Tim McGinty a par ailleurs appelé les fabricants de jouets à en faire plus, à l'avenir, pour différencier leurs pistolets d'armes réelles. Sur le jouet utilisé par Tamir Rice, il n'y avait pas d'embout de couleur orange, souvent caractéristique des répliques inoffensives d'armes à feu.

La famille de Tamir Rice « attristée et déçue »

Les avocats de la famille de Tamir Rice ont indiqué par communiqué que leurs clients étaient « attristés et déçus » par la décision du grand jury, qui ne fait, qu'« aggraver leur deuil ».

« Il est clair que le procureur manipule le grand jury depuis des mois pour obtenir la non-inculpation » ont-ils ajouté, attaquant la crédibilité des « experts » appelés à la barre par M. McGinty pour justifier le comportement des policiers.

Les avocats de la famille ont réitéré leur demande pour l'ouverture d'une « vraie » enquête au ministère de la Justice.

Tamir Rice avait été abattu dans la soirée du 22 novembre 2014 dans un parc de Cleveland.

Alors qu'il jouait avec un pistolet factice, le jeune garçon s'était fait tirer dessus à deux reprises par le policier Timothy Loehmann, arrivé sur les lieux quelques secondes plus tôt avec son coéquipier Frank Garmback, après qu'ils aient été alertés par un appel du 911 qu'un « homme agitant une arme » rodait dans cette zone.

La mort du jeune Tamir avait provoqué un tollé de réactions empathiques, soulevant une fois de plus la délicate question des abus policiers envers la communauté noire aux États-Unis.