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28/12/2015 08:12 EST | Actualisé 28/12/2016 00:12 EST

Chine: RSF dénonce une volonté d'"intimider" les correspondants étrangers

Reporters sans frontières (RSF) a accusé lundi Pékin de vouloir "intimider" tous les journalistes étrangers en Chine en décidant d'expulser la correspondante de l'hebdomadaire français L'Obs, et a demandé à Paris une réaction "ferme" pour la défendre.

La Chine a refusé à Ursula Gauthier, en poste à Pékin depuis six ans, le renouvellement de sa carte de presse, accusant la journaliste de "défendre de manière flagrante" des actes terroristes dans un article publié mi-novembre et d'avoir "provoqué l'indignation du peuple chinois".

"Nous demandons au gouvernement français une défense ferme, car il ne s'agit pas seulement du sort d'une Française", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de RSF Christophe Deloire.

"Cette décision vise à intimider l'ensemble des correspondants étrangers en Chine, en leur disant que s'ils publient une information qui dérange les autorités, ils prennent le risque d'être expulsés, ce qui risque de les pousser à l'autocensure et à atténuer l'évocation de la réalité chinoise", a-t-il dénoncé.

"Les autorités chinoises, non contentes de contrôler les médias d'Etat, d'édicter des milliers de directives pour les médias privés et d'avoir lancé une campagne contre les +rumeurs+ sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire les informations qui les gênent, s'en prend maintenant aux journalistes étrangers, éléments essentiels de la liberté d'expression dans ce pays", a-t-il poursuivi.

"Il y a un durcissement en Chine depuis Xi Jinping, avec la chasse aux +rumeurs+ sur les réseaux sociaux. Et lors de la catastrophe écologique de Tianjin (l'explosion d'un entrepôt de produits chimiques, NDLR) beaucoup de journalistes étrangers avaient été empêchés de faire leur travail", a déclaré Christophe Deloire.

"Sur internet, les autorités chinoises tapent sur ceux qui ont trop d'influence, et utilisent des structures entières dédiées à la censure et à la propagande", a-t-il précisé.

"Il faut envoyer un message aux autorités chinoises pour leur montrer que ces méthodes ne marchent pas", a-t-il conclu.

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