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28/12/2015 06:28 EST | Actualisé 28/12/2016 00:12 EST

Azerbaïdjan: un journaliste condamné à six ans de prison pour espionnage au profit de l'Arménie

Un tribunal d'Azerbaïdjan a condamné lundi un journaliste critique du pouvoir à six ans de prison pour espionnage au profit de l'Arménie, a annoncé son avocat en dénonçant un jugement politiquement motivé.

Le tribunal de Bakou chargé des crimes graves "a reconnu Rauf Mirkadyrov coupable de haute trahison, notamment espionnage au profit de l'Arménie, et l'a condamné à six ans de prison", a déclaré à l'AFP l'avocat du journaliste Fuad Agayev.

"Mon client rejette toutes les accusations comme politiquement motivées", a-t-il souligné.

M. Mirkadyrov, 54 ans, journaliste au journal indépendant Zerkalo (Miroir) publié en russe en Azerbaïdjan, était en détention provisoire depuis son arrestation en avril 2014 à Bakou.

Le parquet azerbaïdjanais affirme que les services secrets arméniens ont recruté le journaliste en 2008 et qu'il leur a fourni depuis des informations qui relèvent du secret d'Etat.

L'arrestation de M. Mirkadyrov, lauréat du prix international Gerd Bucerius en 2008 pour ses efforts dans le "développement des médias indépendants", a été vivement critiquée par des ONG de défense des droits de l'Homme et l'Occident.

L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé la semaine dernière son "procès honteux" et appelé à sa libératioçn immédiate.

"Ce journaliste est la dernière victime de la chasse aux sorcières orchestrée par le président Ilham Aliev contre les critiques de son régime", a déclaré Johann Bihr, responsable du bureau Europe de l'Est et Asie centrale de RSF.

M. Mirkadyrov a travaillé pendant plusieurs années à Ankara et publié des articles critiques sur les autorités turques comme sur celles d'Azerbaïdjan.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan, deux anciennes républiques soviétiques du Caucase du Sud, sont en conflit depuis la fin des années 1980 au sujet du Nagorny-Karabakh.

Peuplé en majorité d'Arméniens mais rattaché à l'Azerbaïdjan à l'époque soviétique, le Nagorny-Karabakh a été le théâtre d'une guerre qui a fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés entre 1988 et 1994.

Malgré la signature d'un cessez-le-feu, aucun traité de paix n'a été signé.

Les ONG de défense des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le régime du président azerbaïdjanais Ilham Aliev, dont toute contestation provoque aussitôt selon elles une réaction sévère des autorités de ce pays du Caucase riche en pétrole.

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