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26/12/2015 05:04 EST | Actualisé 26/12/2016 00:12 EST

Philippines: des attaques islamistes font 14 morts dont neuf civils catholiques

MANILLE, Philippines — Possiblement influencés par le groupe armé État islamique (ÉI), des rebelles musulmans ont attaqué des villages chrétiens du sud des Philippines, le jour de Noël, des attaques desquelles ont résulté au moins 14 morts.

Neuf des victimes ont été fusillés par les Combattants islamiques pour la liberté des Bangsamoro (CILB). Les cinq autres sont des rebelles abattus par les forces du gouvernement dans trois provinces différentes, le 24 et le 25 décembre, a précisé la porte-parole militaire régionale, le capitaine Joan Petinglay.

Environ 200 rebelles ont pris part à au moins huit attaques jeudi et vendredi. L'armée a protégé des villes et villages dès qu'elle a appris la tenue des événements et a prévenu les résidents de ne pas s'aventurer à l'extérieur.

D'après Mme Petinglay, l'armée était au courant des plans d'attaques sur des civils et des militaires. Avant Noël, l'armée avait donc haussé son niveau d'alerte, ce qui a limité les dégâts.

Malgré les avertissements des autorités, cinq agriculteurs de la province de Maguindanao se sont rendus à leur ferme, jeudi, pour vaporiser des insecticides sur leurs cultures. Ils ont malheureusement été capturés et tués.

À Esperanza, dans la province de Sultan Kudarat, des rebelles fuyant les soldats ont pris une famille en otage, jeudi. Ils ont libéré la mère et son enfant, mais ont tué trois hommes. Un responsable d'un village de la province de Cotabato Nord a aussi été tué par balles par les militants.

Au moins quatre combattants islamistes ont trouvé la mort dans un affrontement lorsqu'ils se sont attaqués à un avant-poste militaire à Esperanza, jeudi. Un autre rebelle aurait succombé à ses blessures dans une clinique.

Deux bombes artisanales ont été placées dans un sentier de jungle où des soldats allaient passer, mais les explosifs ont été trouvés.

Ce groupe extrémiste est une faction qui s'est séparée du Front moro islamique de libération il y a plusieurs années, car ils n'étaient pas d'accord pour tenir des discussions de paix avec le gouvernement philippin, souhaitant plutôt poursuivre la lutte pour une terre dans le sud des Philippines pour les musulmans, minoritaires dans ce pays majoritairement catholique.

Les attaques de cette semaine étaient les plus violentes des CILB depuis qu'une offensive de l'armée a fait plus de 100 morts dans leurs rangs, au début de l'année.

La médiatrice des discussions de paix du gouvernement, Miriam Coronel-Ferrer, a affirmé que les CILB surfaient possiblement sur la vague du groupe État islamique et profitaient d'un délai dans l'entrée en vigueur d'un accord de paix signé par le gouvernement et le Front moro, l'an dernier.