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26/12/2015 03:53 EST | Actualisé 06/01/2016 10:16 EST

Des lampes de luminothérapie... à la bibliothèque! (VIDÉO)

Les bibliothèques municipales et universitaires d'Edmonton élargissent leur mandat : elles prêtent maintenant des lampes de luminothérapie à leurs usagers. Ces lampes permettent de combattre la dépression saisonnière, qui affecte 2 % à 3 % de la population canadienne, surtout des femmes.

Un texte de Sylvain Bascaron

Pas besoin d'être dépressif pour prendre une dose quotidienne de luminothérapie, qui peut durer, selon l'intensité de la lampe, et sa distance, de 20 minutes à 2 heures. Ces lampes sont disponibles sur le marché à des prix allant de 100 $ à 300 $.

Certains médecins prescrivent leur utilisation, qui peut alors être remboursée par des assurances privées. Mais pour ceux qui sentent le blues de l'hiver, qui n'ont pas d'ordonnance et qui vivent à Edmonton, les bibliothèques de la capitale albertaine sont toutes indiquées.

« On a décidé que comme nous habitons au nord du pays, les jours sont très courts en hiver, et la lumière est très importante pour la santé, on a décidé qu'il était nécessaire d'offrir quelque chose aux étudiants pour augmenter leur exposition à la lumière et peut-être donner un peu plus de motivation d'étudier. »

— Tatiana Usova, directrice de la bibliothèque du campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta

Tatiana Usova ajoute que ce n'est pas que pour les étudiants. « C'est pour les professeurs et les membres de la communauté. C'est juste pour donner un peu plus d'énergie et battre la fatigue. » Il suffit donc de montrer sa carte de membre pour emprunter une lampe, à utiliser pendant quelques minutes à la bibliothèque.

Si de 2 % à 3 % des Canadiens sont affectés par la dépression saisonnière, ils sont 5 fois plus nombreux à sentir des effets moins importants du manque de lumière.

« Moins d'énergie, moins d'intérêt; les gens veulent dormir plus, manger plus », décrit la psychothérapeute Josée Ouellette, du campus Saint-Jean et du centre d'accueil Ménnonite d'Edmonton. Elle explique que plus on est au nord, plus les personnes touchées sont nombreuses, et que les nouveaux arrivants, avec lesquels elle travaille régulièrement, semblent aussi plus affectés.

Selon la gravité des cas, il faut souvent consulter un médecin. Mais « si on veut vraiment parler de prévention, dit Josée Ouellette, il faut commencer à prévenir le blues de l'hiver et la dépression saisonnière à l'été et à l'automne en planifiant ce qu'on va faire, les activités et les rencontres qu'on continuera d'avoir. On peut parler à notre médecin, prendre des suppléments qui peuvent être utiles, et commencer la thérapie par la lumière. »

Cette thérapie, accompagnée de psychothérapie, est plus efficace que des antidépresseurs et cause moins d'effets secondaires, soutient-elle. Et puis, une petite marche pour se rendre à la bibliothèque et un peu de lecture sont d'autant plus intéressantes que faire de l'activité physique. Et la participation à un groupe de lecture ont toutes deux prouvé leurs bénéfices sur la santé mentale.

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