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26/12/2015 09:00 EST | Actualisé 26/12/2016 00:12 EST

La deuxième guérilla de Colombie espère des négociations de paix en 2016 (presse)

Le chef de l'Armée de libération nationale (ELN) a déclaré samedi espérer le lancement début 2016 de négociations de paix entre son mouvement, la deuxième guérilla en importance en Colombie, et le gouvernement, sur le modèle de celles en cours avec les Farc.

L'ELN, fondée dans les années 60 et inspirée de Che Guevara, est engagée depuis janvier 2014 dans un simple "dialogue exploratoire" avec le gouvernement, en parallèle aux pourparlers menés depuis trois ans à Cuba entre les autorités et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes, également nées dans les années 60).

Ces conversations ne sont actuellement pas "publiques", mais "confidentielles", a expliqué le numéro un de l'ELN Nicolas Rodríguez Bautista, alias "Gabino", dans un entretien avec le journal basque espagnol Gara.

"Mais, a-t-il ajouté, nous sommes parvenus à mettre au point un ordre du jour très précis pour des négociations. La difficulté consiste à régler les questions opérationnelles en vue de la phase publique (des discussions). Nous pensons que le moment est finalement venu, l'année prochaine, de commencer" les négociations avec les autorités.

"La paix est une affaire très importante pour toute la Colombie et l'ELN est fermement attachée à elle. Nous sommes optimistes, même si nous ne méconnaissons pas les difficultés", a encore dit "Gabino".

Le chef de l'ELN a également souligné l'urgence de "négocier un cessez-le-feu bilatéral". "Mais depuis le début des discussions, le gouvernement a intensifié ses opérations antiguérilla sur tous les territoires que nous contrôlons", a-t-il dénoncé.

"Le manque de confiance entre les parties (au conflit) est une difficulté à laquelle nous sommes confrontés", a déploré Nicolas Rodríguez Bautista

Les autorités colombiennes accusent de leur côté l'ELN, qui dispose de quelque 1.500 combattants, selon des chiffres officiels, d'avoir intensifié ses activités de guérilla ces derniers mois.

Le gouvernement de Bogota est par ailleurs engagé dans des pourparlers avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui comptent quant à elles quelque 7.000 combattants, mais les deux parties ne signeront pas un accord de paix en mars prochain, contrairement à ce qu'elles avaient dans un premier temps annoncé.

Le complexe conflit colombien, marqué par des insurrections paysannes et ayant impliqué guérillas d'extrême gauche, paramilitaires d'extrême droite, forces armées et trafiquants de drogue, a fait en plus d'un demi-siècle au moins 220.000 morts, provoqué le déplacement de six millions de personnes, tandis que des dizaines de milliers ont été portées disparues.

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