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26/12/2015 01:24 EST | Actualisé 26/12/2016 00:12 EST

France: retour au calme en Corse et condamnations après le saccage d'une salle de prière musulmane

Le calme est revenu samedi matin à Ajaccio, sur l'île française de Corse, où de nombreux policiers ont été déployés après le saccage la veille d'une salle de prière musulmane, qui a suscité une vague de condamnations.

Les autorités locales ont indiqué à l'AFP que la nuit avait été calme à Ajaccio, "très fortement encadrée par des effectifs des forces de l'ordre".

Vendredi en fin de journée, plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées dans une cité populaire de la ville, où, la nuit précédente, deux pompiers et un policier avaient été blessés dans des échauffourées.

Scandant pour certaines "Arabi fora (les Arabes dehors, ndlr)!" ou "On est chez nous!", elles ont, dans une ambiance tendue et encadrées par des policiers déployés pour tenter de maintenir le calme, essayé d'identifier et de retrouver les auteurs de l'agression de la veille.

Un petit groupe s'est ensuite détaché pour saccager une salle de prière musulmane à proximité. Les casseurs ont tenté de mettre le feu, puis n'y arrivant pas, ont cherché à brûler une cinquantaine de livres, dont des exemplaires du Coran. Un restaurant de kébabs a été également dégradé.

Ces actes ont été immédiatement condamnés par le Premier ministre Manuel Valls, qui a évoqué une "agression intolérable de pompiers" et une "profanation inacceptable d'un lieu de prière musulman", tandis que le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve a fustigé "(des) exactions intolérables, aux relents de racisme et de xénophobie, (qui) ne sauraient rester impunies (...)".

L'Observatoire national contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) a dénoncé une agression "qui se déroule en un jour de prière pour les musulmans et pour les chrétiens", Noël tombant cette année juste après le Mouled, la fête musulmane qui commémore la naissance du prophète Mahomet.

Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande mosquée de Paris, s'est dit, sur la télévision BFMTV, "consterné et attristé", lançant un appel au "calme, au sang-froid et à l'apaisement".

Les dirigeants nationalistes, qui viennent de prendre les rênes de la région, ont eux aussi dénoncé ces violences.

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