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26/12/2015 05:29 EST | Actualisé 26/12/2016 00:12 EST

Corruption/Diack: le député de l'opposition arrêté au Sénégal n'est pas couvert par l'immunité (parquet)

Le député et opposant arrêté cette semaine au Sénégal pour "diffusion de fausses nouvelles" après des propos liés à l'affaire Lamine Diack, ex-patron sénégalais de l'athlétisme mondial, a été "pris en flagrant délit" et ne peut se prévaloir d'une immunité, a déclaré samedi le procureur de la République.

"On est dans le cas de l'infraction flagrante" avec le député Oumar Sarr, inculpé et écroué le 21 décembre à Dakar, a indiqué Serigne Bassirou Guèye sur la télévision publique.

La loi dispose que "le député pris en flagrant délit peut être emprisonné sans l'autorisation de l'Assemblée nationale", a-t-il dit.

Oumar Sarr, également numéro 2 du Parti démocratique sénégalais (PDS, ex-parti au pouvoir), a été "inculpé pour faux et usage de faux et diffusion de fausses nouvelles et placé sous mandat de dépôt", avait déclaré le 21 décembre Me El Hadji Amadou Sall, l'un de ses conseils.

Selon l'avocat, M. Sarr, couvert par l'immunité parlementaire, est "détenu arbitrairement. Il s'agit d'une séquestration et d'une violation de la Constitution", avait affirmé Me Sall.

Il avait indiqué à l'AFP que son client était poursuivi pour avoir signé un communiqué publié le 18 décembre par le PDS qui dénonçait "le financement des campagnes (de l'actuel président) Macky Sall par l'argent sale et par des puissances étrangères qui ne pouvaient pardonner à (l'ex-président) Abdoulaye Wade de défendre d'abord les intérêts de notre pays".

Macky Sall a battu au second tour de la présidentielle, en mars 2012, Abdoulaye Wade qui était au pouvoir depuis douze ans.

En garde à vue à Paris début novembre, Lamine Diack, 82 ans, avait affirmé que la Russie, via le président d'alors de sa fédération d'athlétisme Valentin Balakhnichev, qui était aussi trésorier de la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), avait apporté une contribution d'1,5 million d'euros.

Cette somme aurait été "distribuée à des associations et des sphères d'influence" pour mobiliser contre une élection à un troisième mandat du président Wade, ont indiqué le 18 décembre des sources proches du dossier, confirmant une information du quotidien français Le Monde.

M. Diack a affirmé le 19 décembre n'avoir jamais remis de l'argent à M. Sall.

Par ailleurs, Reporters sans frontières (RSF) a critiqué la convocation et l'audition par la police, entre le 19 et le 21 décembre, de quatre responsables et journalistes du groupe de presse privé D-Média après des émissions de radio et télévision liées à l'affaire Diack.

Ces journalistes ont été "priés de rester à la disposition de la justice", ajoute RSF dans un communiqué publié mercredi, où l'ONG "s'étonne de mesures aussi agressives".

mrb/jlb