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24/12/2015 10:36 EST | Actualisé 24/12/2016 00:12 EST

USA: le Congrès indemnise les ex-otages de l'ambassade américaine de Téhéran

Le Congrès américain a adopté une mesure qui permettra d'indemniser, 35 ans après, les anciens otages de l'ambassade des Etats-Unis à Téhéran, ainsi que les victimes des attentats de 1998 en Tanzanie et au Kenya.

Le Congrès a voté la semaine dernière une grande loi budgétaire qui renouvelle pour cinq ans le fonds d'indemnisation des victimes du 11-Septembre et crée un nouveau programme de 10 ans en faveur de victimes d'attentats perpétrés avec le soutien d'Etats, ce qui recouvrirait les attentats de 1998 contre les ambassades en Tanzanie et au Kenya, les attentats de Beyrouth en 1983, ainsi que la prise d'otages de 53 personnes qui a duré 444 jours à Téhéran entre 1979 et 1981.

Trois pays sont qualifiés d'"Etats soutenant le terrorisme" par les Etats-Unis: l'Iran, la Syrie et le Soudan.

Ce nouveau fonds sera alimenté par les amendes imposées dans le cadre de sanctions, notamment une partie des 9 milliards de dollars payés par BNP Paribas cette année pour avoir violé des embargos américains contre le Soudan, Cuba et l'Iran.

Chaque ancien otage de Téhéran, ou leur héritier, aura droit à 10.000 dollars par jour passé en otage, soit un maximum de 4,4 millions de dollars. Les conjoints et enfants auront droit à une somme forfaitaire de 600.000 dollars chacun.

Mais les indemnités devraient mettre plusieurs années à être effectivement déboursées par le ministère américain de la Justice, explique l'avocat Thomas Lankford, qui représente depuis 1999 environ 150 ex-otages, conjoints ou enfants.

La mesure a failli passer l'an dernier, mais il aura fallu attendre la mobilisation décisive de plusieurs chefs du Congrès pour qu'elle soit ajoutée au grand compromis budgétaire adopté en décembre.

"Je n'aurais jamais imaginé, quand j'ai commencé cet effort en 1999, que j'y passerais 16 ans", dit Me Lankford à l'AFP. "Au fur et à mesure qu'on s'éloignait de l'incident, c'était devenu secondaire par rapport à la politique et aux personnalités".

L'accord de libération signé en 1981 interdisait aux anciens otages de poursuivre l'Iran pour obtenir réparation. Selon le démocrate Gerry Connolly, les ex-otages restent les seules victimes américaines de "terrorisme d'Etat" juridiquement empêchées d'obtenir réparation devant les tribunaux américains.

La mesure voit le jour alors que nombre d'élus américains désapprouvent l'accord nucléaire conclu en juillet par Barack Obama et d'autres puissances avec l'Iran.

"J'espère que le fait que le fonds soit financé par ceux qui ont violé les sanctions enverra le message qu'on ne peut pas commettre dans l'impunité des attentats terroristes soutenus par des Etats", dit Thomas Lankford.

Toutes les victimes américaines de "terrorisme d'Etat" pourront demander une indemnisation si un tribunal américain a émis un jugement final en leur faveur, et selon des élus la loi s'appliquera aussi aux diplomates et employés victimes des attaques simultanées du 7 août 1998 à Nairobi et Dar es Salam, commises par Al-Qaïda (224 morts, plus de 5.000 blessés).

La justice fédérale américaine a reconnu le rôle de l'Iran et du Soudan, qu'elle a condamnés en 2014 à payer une indemnisation.

"Cette loi répond à nos prières et envoie le message clair que l'Amérique défendra ceux qui la défendent", s'est félicité un employé de l'ambassade de Nairobi, George Mimba, dans un communiqué.

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