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24/12/2015 12:23 EST | Actualisé 24/12/2016 00:12 EST

Un nouveau groupe rebelle veut chasser le président burundais du pouvoir

KIGALI, Rwanda — Le Burundi s'approchait dangereusement de la guerre civile, jeudi, avec l'annonce de la formation d'un nouveau groupe rebelle dont l'objectif est de chasser du pouvoir le président, Pierre Nkurunziza.

Un ancien haut commandant de l'armée a rapporté que d'autres officiers militaires et lui avaient formé un mouvement rebelle, les Forces républicaines du Burundi, pour renverser M. Nkurunziza.

Le principal objectif du groupe est de protéger les Burundais qui se font tuer parce qu'ils protestent contre la violation de la Constitution que représente le nouveau mandat du président, a expliqué le lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana, qui était chargé des communications de l'armée avant sa démission en septembre.

Le Burundi est secoué par un soulèvement de la population depuis que le président a annoncé, en avril, sa candidature pour un troisième mandat. Il a gagné les élections de juillet, mais la violence a continué de s'intensifier.

La force rebelle était derrière les récentes attaques de trois camps militaires, où les assaillants ont pris possession d'assez d'armes pour combattre l'armée du pays, a expliqué M. Nshimirimana.

Au moins 87 personnes ont été tuées à Bujumbura en décembre lorsque des rebelles ont attaqué deux baraquements militaires dans la capitale et un à Mujejuru. En tout, plus de 400 personnes ont trouvé la mort dans ce conflit et quelque 220 000 ont été forcés de fuir vers les pays voisins depuis avril. En mai, de violentes manifestations ont viré en tentative de coup d'État ratée. Un ancien ministre de la Défense fait partie des 28 personnes qui seront jugées pour cet événement.

L'autre objectif des Forces républicaines du Burundi est de protéger l'accord d'Arusha qui limite la présidence au Burundi à deux mandats. Toutes les forces contre Pierre Nkurunziza seront unies sous la bannière du nouveau groupe, a affirmé Edouard Nshimirimana.

«Nous n'avons pas le choix, et le monde n'aide pas les Burundais qui sont tués.»

«Nous demandons à tous les Burundais qui croient en un État de droit de se joindre à nous», a-t-il dit, ajoutant que plusieurs soldats de divers rangs qui sont soupçonnés d'être contre le troisième mandat du président avaient été harcelés, arrêtés et parfois même tués par des membres des services de sécurité.