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24/12/2015 10:08 EST | Actualisé 24/12/2016 00:12 EST

Tensions à Paris à la veille de Noël

À la veille de Noël et un mois et demi après les attentats de Paris, le tourisme est toujours en baisse et l'inquiétude est encore bien présente dans la capitale française.

Malgré les décors féériques et les vitrines des grands magasins qui brillent de mille feux, telle que celles des Galeries Lafayette, la foule est moins présente qu'à l'habitude.

Sans aucun doute, les attentats du 13 novembre dernier qui ont fait 130 morts, font en sorte que les Parisiens ont moins le cœur à la célébration, mais aussi au magasinage traditionnel des fêtes.

Pourtant, l'armée est toujours déployée dans les sites stratégiques et la police est toujours aussi présente. Plusieurs commerces se sont aussi munis d'un service de sécurité qui fouillent les sacs des clients et qui surveillent de près les individus suspects.

Une baisse du tourisme

« Après les attentats, les chiffres de fréquentation en décembre ne seront pas bons », rapporte-t-on aux Galeries Lafayette.

Selon le grand magasin du boulevard Haussmann, « les clients français ont logiquement manqué à l'appel, mais pas seulement eux. Certains étrangers comme les Japonais ont aussi été très sensibles au contexte. »

Conséquemment, le tourisme et les réservations d'hôtels sont en baisse dans la capitale française.

Les iconiques « bateaux mouches » de la Seine ont enregistré une baisse de fréquentation de 15 à 30 %.

Des experts du tourisme ont rapporté qu'il y aurait 30 % de moins de Chinois cette année dans la Ville lumière pour les fêtes et près de 80 % moins de Japonais et d'Américains.

L'industrie du divertissement souffre aussi de l'insécurité qui règne à Paris.

Par exemple, le petit théâtre de la Huchette qui présente des pièces cinq jours par semaine et dont 60 % du chiffre d'affaires provient des sorties scolaires a connu une dégringolade de ses ventes dans le dernier mois.

La mairesse de Paris, Anne Hidalgo, estime pour sa part que la situation est en train de s'améliorer. Selon elle, ça « redémarre sur le tourisme, sur la fréquentation des hôtels, sur la fréquentation des lieux et des magasins ».

Sécurité renforcée autour des églises

Selon le ministre de l'intérieur français, Bernard Cazeneuve, une très forte menace terroriste plane toujours sur la France et les églises sont une cible ayant une « force symbolique », surtout à Noël.

Ainsi, la protection des églises sera renforcée pour la messe du réveillon. Quelque 120 000 policiers, gendarmes et militaires seront affectés à la sécurité autour des églises les 24 et 25 décembre.

Malgré ce déploiement important, les évêques français ne croient pas qu'il y aura moins de fidèles pour la messe de Noël.

« Il y aura beaucoup de monde à Noël, peut-être plus cette année en raison de ce que nous vivons », les gens ont besoin de spiritualité », selon le porte-parole des évêques français, Olivier Ribadeau-Dumas.

Il y a environ 45 000 églises catholiques en France ainsi que 4000 temples protestants et 150 lieux de culte orthodoxe.

Des tensions dans toute la France

La menace d'attaques au moment des fêtes de fin d'année ne se limite pas à Paris.

Dans la ville de Strasbourg, les passants ne peuvent ignorer la présence accrue des forces de l'ordre.

« On est vigilant. On voit qu'il y a pas mal de membres des forces de l'ordre, c'est le signe d'une nécessité [...] On fait plus attention que l'année dernière », explique Philippe Knor, touriste et médecin de 58 ans.

Là aussi, la sécurité sera plus élevée qu'a l'habitude autour des églises. Par exemple, une fois les 1200 places assises occupées à l'occasion de la messe de minuit, l'accès à l'imposante cathédrale Notre-Dame de Strasbourg sera fermé.

Pour certains, les églises demeurent toutefois un symbole nécessaire afin de se remémorer ceux qui ont perdu la vie dans les récents évènements qui ont secoué la France.

« Quand on entend sonner les cloches, on pense à tous ceux qui ont disparu [dans les attentats]. On ne peut pas oublier, même si on est en famille à partager des moments heureux », estime Frédérique Treffot, une fonctionnaire de 60 ans de Strasbourg.

Avec un reportage de Sylvain Desjardins