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24/12/2015 11:34 EST

Noël sous haute sécurité à Paris, sur fond de menace terroriste mondiale (VIDÉO)

Tourisme en berne, soldats en armes devant les églises : Noël 2015 ne ressemble pas aux précédents à Paris, une capitale marquée par les pires attentats de son histoire et la menace de nouvelles attaques jihadistes.

Devant les grands magasins Galeries Lafayette et Printemps, aux vitrines spécialement animées pour les fêtes, les piétons circulent sous le regard de militaires et la foule est moins dense que d'habitude à cette période de l'année.

"Après les attentats, les chiffres de fréquentation en décembre ne seront pas bons", reconnaît-on aux Galeries Lafayette. "Les clients français ont logiquement manqué à l'appel, mais pas seulement. Certains étrangers comme les Japonais ont aussi été très sensibles au contexte".

La double série d'attentats jihadistes en janvier (17 morts) et en novembre (130 morts) a refroidi les envies de shopping de fin d'année. Pour les achats, internet est largement gagnant, selon le secteur.

Côté tourisme, les réservations sont en forte baisse. Les professionnels espèrent qu'il ne s'agit que d'un "trou d'air" et comptent sur les mesures de sécurité pour ramener la clientèle dans la Ville lumière. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a assuré voir une activité qui "redémarre sur le tourisme, sur la fréquentation des hôtels, sur la fréquentation des lieux, des magasins".

Il y a cependant 30% de Chinois en moins et une baisse de près de 80% pour les Japonais et les Américains, selon des professionnels du secteur. Sur la Seine, les fameux "bateaux-mouches" qui font découvrir la ville accusent une baisse de fréquentation de 15 à 30%.

Églises surveillées

Pour les messes de Noël jeudi soir, la protection des églises a été renforcée, ont indiqué les autorités. Près de 120 000 policiers, gendarmes et militaires seront mobilisés sur les journées de jeudi et vendredi.

Une très forte menace subsiste en France, a récemment souligné le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, pour qui une action visant les églises aurait une "force symbolique".

La France compte quelque 45 000 églises catholiques, auxquelles s'ajoutent 4 000 temples protestants et environ 150 lieux de culte orthodoxes. 

Les évêques français ne s'attendent toutefois pas à moins de fidèles pour leurs célébrations. "Il y aura beaucoup de monde à Noël, peut-être plus cette année en raison de ce que nous vivons", les gens ont besoin de spiritualité", affirme leur porte-parole, Olivier Ribadeau-Dumas.

A Strasbourg, pour les passants interrogés par l'AFP dans le quartier de la cathédrale, "quand on entend sonner les cloches, on pense à tous ceux qui ont disparu (dans les attentats). On ne peut pas oublier, même si on est en famille à partager des moments heureux", estime Frédérique Treffot, une fonctionnaire de 60 ans accompagnée de deux amies.

A quelques heures de la fermeture officielle dans ce quartier du marché de Noël, écourté d'une semaine en raison des attentats, on pouvait voir des patrouilles de policiers se mêlant à la foule éparse des badauds et des touristes.  

"On est vigilant. On voit qu'il y a pas mal de membres des forces de l'ordre, c'est le signe d'une nécessité. On fait plus attention que l'année dernière", explique Philippe Knor, touriste et médecin de 58 ans.

Aucun visiteur ne pourra assister debout à la messe de minuit : une fois les 1 200 places assises occupées, l'accès à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg sera fermé.

La menace d'attaques au moment des fêtes de fin d'année ne se limite pas à la France.

A Pékin, dans d'inhabituelles mises en garde adressées à leurs ressortissants, les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne leur ont demandé d'éviter le quartier animé de Sanlitun au moment de Noël, en raison de "possibles menaces contre les Occidentaux".

Aucune précision n'a pu être obtenue sur la nature de ces "menaces". La sécurité a été fortement renforcée autour de l'ambassade américaine, avec plusieurs véhicules de police, ainsi que devant une vaste zone commerciale au cœur de Sanlitun, selon des témoins.

En Somalie, pays en majorité musulman, le gouvernement a interdit les célébrations de Noël et du Nouvel An, expliquant qu'elles pourraient susciter des attaques des islamistes shebab.

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