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24/12/2015 15:23 EST | Actualisé 24/12/2016 00:12 EST

Les Etats-Unis préparent le renvoi de centaines de familles en situation illégale

L'administration américaine projette d'expulser des centaines de familles originaires d'Amérique centrale en situation illégale, selon la presse américaine.

Les familles visées sont arrivées dans une vague d'immigration clandestine en provenance d'Amérique centrale à partir de 2014, cherchant à fuir la violence qui règne dans la région.

Les agents de l'immigration, appartenant au ministère de la Sécurité intérieure (DHS), se préparent à arrêter ces personnes et les déporter "dès le début du mois de janvier", indique le Washington Post et plusieurs autres médias, dont le Wall Street Journal.

Les familles ciblées, "des centaines, peut-être plus", selon le Washington Post, sont celles dont l'expulsion a déjà été ordonnée par un juge. Elles sont composées d'au moins un mineur et un adulte.

Interrogé par l'AFP, le DHS n'a pas voulu confirmer le plan d'expulsion. Mais une porte-parole du ministère, Gillian Christensen, a souligné que "la frontière américaine n'était pas ouverte à l'immigration illégale".

"Si des personnes viennent ici illégalement, ne peuvent bénéficier de l'asile ou d'autres formes de titres de séjour et font l'objet d'un ordre d'expulsion, elles seront renvoyées", a-t-elle déclaré.

Le plan d'expulsion a été "controversé" au sein de l'administration Obama et n'a pas encore reçu de feu vert final, a précisé le Washington Post.

Mais le ministre de la Sécurité intérieure, Jeh Johnson, l'a d'autant plus défendu qu'un nouvel afflux de mineurs non accompagnés et de familles en provenance d'Amérique centrale est observé depuis l'automne 2015.

Plus de 12.500 migrants ont été arrêtés en "famille" en octobre et novembre, soit une hausse de 173% sur les mêmes mois en 2014.

Pour les mineurs voyageant seuls, la hausse est de 106%, avec 10.588 arrestations.

L'immigration clandestine est un thème sensible de la vie politique américaine, en particulier dans le camp républicain où les candidats sont divisés sur l'attitude à adopter face aux sans-papiers, entre fermeté et attitude plus ouverte pour tenir compte de l'électorat hispanique.

Le candidat dominant la course des primaires républicaines, Donald Trump, a salué le projet dans un tweet. "Wow, grâce à la pression que j'ai mise, les expulsions de grande ampleur vont commencer. Il était temps!", a écrit le milliardaire, connu pour ses sorties contre les immigrés clandestins.

Hillary Clinton, la favorite du camp démocrate pour la présidentielle de 2016, s'est dite "très préoccupée" par le sujet. "Notre pays doit servir de refuge à ceux qui en ont besoin. Et nous devons être guidés par un esprit de compassion et de générosité lorsque nous abordons ces problématiques", a dit sa porte-parole Xochitl Hinojosa à la chaîne CNN.

Barack Obama de son côté a décidé il y a un an d'agir par décret, pour offrir à quelque cinq millions d'immigrants en situation irrégulière une perspective de régularisation.

L'an dernier, les agents de l'immigration ont reconduit 235.413 personnes à la frontière, selon les statistiques américaines.

Des dizaines de milliers de ressortissants du Salvador, du Guatemala et du Honduras ont fui leur pays pour rejoindre les Etats-Unis ces dernières années.

Ces trois nations ont les taux d'homicide parmi les plus élevés du monde, le Honduras arrivant au premier rang.

Le Salvador a connu une nouvelle accélération de la violence cette année, alimentée notamment par la guerre entre deux gangs, Mara Salvatrucha et Barrio 18.

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