NOUVELLES
23/12/2015 22:37 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Les Etats-Unis demandent la libération des dirigeants de l'opposition de Djibouti

Les Etats-Unis ont demandé mercredi au gouvernement de Djibouti de libérer des dirigeants de l'opposition arrêtés cette semaine lors d'une manifestation qui a fait au moins sept morts.

"Les Etats-Unis condamnent les récents actes de violence dans la capitale de Djibouti et appellent à la libération immédiate des dirigeants de l'opposition détenus", a déclaré le département d'Etat dans un communiqué.

La diplomatie américaine incite "le gouvernement de Djibouti à respecter le droit de ses citoyens à la liberté d'expression et à la liberté de rassemblement et association pacifiques".

Elle l'invite également à "faire preuve de retenue" alors que sept civils ont été tués et 23 blessés lundi à Djibouti dans des affrontements avec la police, selon un bilan officiel.

L'Union pour le salut national (USN), une coalition de sept partis d'opposition, a assuré de son côté que la police avait "abattu 19 civils" dans la localité de Buldhoqo, près de Balbala, en périphérie de la capitale, où se tenait une cérémonie traditionnelle.

Les affrontements se sont produits quand la police a voulu déplacer le rassemblement vers un autre lieu.

Le ministre de l'Intérieur Hassan Omar Mohamed a dénoncé des violences destinées à "déstabiliser" le pays, orchestrées "par des individus malintentionnés recevant des instructions de la part de parrains qui agissent depuis l'étranger".

Il a également annoncé que "plusieurs personnes impliquées dans ces violences" avaient été arrêtées. "Ils seront rapidement traduits en justice pour leurs actions", a-t-il ajouté.

Dans son communiqué, le département d'Etat a appelé "le gouvernement de Djibouti et tous les acteurs politiques à engager un dialogue pour éviter toute nouvelle violence".

"Nous encourageons aussi le gouvernement et les partis d'opposition à reprendre les négociations pour s'assurer que l'élection présidentielle de 2016 sera transparente et pacifique", a-t-il ajouté.

Au pouvoir depuis 1999, le président Ismaël Omar Guelleh devrait se présenter à l'élection prévue en avril 2016, pour briguer un quatrième mandat. La Constitution, amendée en 2010, ne limite plus le nombre de mandats présidentiels.

Petit pays de la Corne de l'Afrique, à l'entrée de la mer Rouge et du Golfe d'Aden, Djibouti dispose d'une position stratégique dans la région entre le continent africain et la péninsule arabique.

Il accueille plusieurs bases militaires étrangères, notamment américaine et française, utilisées en particulier dans la lutte contre la piraterie maritime. Il fournit aussi un contingent de soldats à la force africaine en Somalie qui y combat les islamistes shebab.

sg-bur/jom/jlb/phv