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23/12/2015 23:47 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

La Centrafrique: instabilité et économie exsangue

La Centrafrique, qui a connu de nombreuses années d'instabilité, de multiples rébellions, mutineries militaires et putschs, est l'un des pays les plus pauvres du monde malgré ses richesses potentielles, minières et agricoles.

Le pays a sombré dans une crise sans précédent, déchiré par des violences intercommunautaires depuis le renversement du président François Bozizé en mars 2013 par la coalition des rebelles de la Séléka. Celle-ci a abandonné le pouvoir début 2014, sous la contrainte d'une intervention militaire internationale conduite par la France.

- TROUBLES -

Le 31 décembre 1965, David Dacko, premier chef d'Etat au pouvoir depuis l'indépendance en 1960, est renversé lors d'un coup d'Etat par Jean-Bedel Bokassa, qui se fait élire président à vie puis couronner empereur en 1977. Le règne de Bokassa est marqué par ses frasques mégalomaniaques mais aussi par de sanglantes exactions, notamment un massacre d'écoliers.

Le 20 septembre 1979, Bokassa, en visite en Libye, est chassé du pouvoir par des parachutistes français lors de l'opération "Barracuda". Dacko reprend le pouvoir et rétablit la République.

Mais deux ans plus tard, Dacko est contraint en raison de troubles de remettre le pouvoir aux militaires et André Kolingba accède au pouvoir.

En 1991, Kolingba, dont le régime fait face à des troubles socio-politiques, annonce une réforme constitutionnelle instaurant le multipartisme. En 1993, Ange-Félix Patassé remporte la présidentielle.

Le pays connaît en 1996-1997 trois mutineries d'une partie de l'armée, avant un coup d'Etat manqué en 2001. En 2003, François Bozizé, ancien chef d'état-major des armées, entré en rébellion en novembre 2001, renverse Patassé et s'autoproclame président.

Dès septembre 2005, le pays va faire face à plusieurs rébellions, qui s'emparent de plusieurs localités du Nord, reprises grâce à l'aide de la France ou par l'armée tchadienne à l'appel de Bangui.

Le 24 mars 2013, les rebelles d'une coalition hétéroclite, la Séléka, prennent Bangui au terme d'une offensive éclair lancée pour renverser Bozizé. Michel Djotodia s'autoproclame président. Les multiples exactions commises par la Séléka à dominante musulmane contre les populations majoritairement chrétiennes du pays (près de 80%) débouchent sur la création de milices d'auto-défense, principalement chrétiennes, les anti-balaka (anti-machettes). Celles-ci s'en prennent à leur tour aux civils musulmans, plongeant le pays dans une crise sécuritaire, humanitaire et politique.

Le 5 décembre, la France lance l'opération Sangaris pour restaurer la sécurité, après le vote de l'ONU donnant mandat aux forces françaises.

En janvier 2014, le président Djotodia démissionne sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale. La maire de Bangui, Catherine Samba-Panza, est élue présidente de transition par le Parlement.

- ECONOMIE -

Les secteurs de l'économie ont été dévastés par les crises qui ont empêché le pays, pourtant riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), de se développer.

Le pays est à 80% rural et produit du coton, café et tabac. Près de 70% de la population, qui s'élève à 4,8 millions d'habitants, vit en dessous du seuil de pauvreté, et en 2014, le RNB par habitant s'élevait à 330 dollars, selon la Banque mondiale.

La crise a paralysé l'économie toute entière, y compris les administrations, à commencer par les régies financières (douanes, impôts, trésor public), privant l'Etat des ressources nécessaires pour payer les salaires et les retraites.

- FORCES ARMEES -

L'armée centrafricaine a été minée par des rébellions depuis des décennies. Près de 8.000 membres des FACA (Forces armées centrafricaines) sont recensés, la plupart basés à Bangui, selon la présidence. La communauté internationale s'oppose à leur réarmement en raison d'exactions passées.

La présence de forces internationales --française Sangaris (900 hommes) et onusienne Minusca (11.000 hommes)-- a permis de stabiliser la situation, sans pour autant réussir à pacifier l'ensemble du territoire.

- PAYS ENCLAVE -

La Centrafrique est un pays enclavé au coeur de l'Afrique centrale. Il est frontalier du Tchad, du Soudan, du Soudan du Sud, de la République démocratique du Congo (RDC), du Congo et du Cameroun.

acm/mc/jlb