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24/12/2015 14:47 EST | Actualisé 24/12/2016 00:12 EST

Japon: chargement du combustible nucléaire dans un réacteur tout juste autorisé à redémarrer

La compagnie d'électricité japonaise Kansai Electric Power (ouest) a annoncé le début dès vendredi du chargement du combustible nucléaire dans un réacteur de la centrale de Takahama (ouest), dont l'interdiction de remise en service vient tout juste d'être levée.

"Nous allons débuter les opérations de chargement dans le réacteur Takahama 3 vendredi une fois terminés les préparatifs", a écrit Kansai Electric dans un communiqué.

Cette information est tombée seulement quelques heures après qu'un tribunal japonais a autorisé jeudi la relance des unités 3 et 4 de Takahama, infirmant une décision de première instance qui bloquait leur redémarrage malgré les feux verts technique et politique.

"Aujourd'hui, le tribunal régional de Fukui a retiré l'ordre de maintien à l'arrêt des réacteurs 3 et 4 de Takahama", s'était réjouie la compagnie.

Et d'ajouter: "nous pensons que nous avons été entendus sur le fait que la sûreté de Takahama était garantie".

Elle espère une remise en service en janvier de la tranche 3 puis en février de la tranche 4.

Les opposants, eux, ont montré leur déception.

"Les leçons de l'accident nucléaire de Fukushima n'ont pas été tirées", "où va la responsabilité de la justice", se sont interrogés les citoyens déboutés.

En avril, un tribunal de première instance avait estimé que le certificat technique accordé par le régulateur pour Takahama 3 et 4 l'avait été de façon indue et non rationnelle et décidé de s'opposer au redémarrage de ces installations.

Le jugement inverse de jeudi fait suite à un pourvoi en appel de la part de Kansai Electric Power. Les plaignants devraient cependant utiliser leur droit de déposer un nouveau recours devant la Cour Suprême.

L'organisation écologiste Greenpeace s'est aussi émue du jugement du tribunal, accusant les hautes sphères de la justice d'avoir désigné des magistrats complaisants.

"La décision du tribunal qui se place au côté de l'industrie nucléaire est aussi décevante que peu surprenante. Ces juges ont été envoyés à ce tribunal pour une raison qui semble malheureusement être encore une fois de placer les droits des citoyens japonais sous les intérêts du monde nucléaire", a déclaré Mamoru Sekiguchi, un militant de cet organisme de défense de l'environnement, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Selon les opposants, les juges n'ont pas tenu compte des problèmes de sécurité non résolus (risques sismiques, pas de plan d'évacuation, etc.).

Le Premier ministre Shinzo Abe a quant à lui estimé que les dossiers "devaient avancer avec la compréhension des citoyens".

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