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23/12/2015 08:06 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Victimes civiles en Syrie: la Russie rejette les accusations "fausses" d'Amnesty

Le ministère russe de la Défense a rejeté mercredi les accusations "fausses" et "sans preuves" d'Amnesty International, affirmant que la Russie a tué des "centaines de civils" dans ses raids aériens en Syrie, dirigés selon Moscou contre les "terroristes".

"Nous avons pris connaissance de ce rapport. Une fois de plus, il n'y avait rien de concret ni de nouveau dedans: toujours les mêmes clichés et les mêmes fausses informations que nous avons déjà dénoncés avant, à plusieurs reprises", a déclaré le porte-parole du ministère russe de la Défense, Igor Konachenkov, lors d'une conférence de presse.

L'ONG "explique déjà dans la préface que tous les faits exposés dans le rapport ont été obtenus à distance, lors d'entretiens téléphoniques avec des soi-disant défenseurs des droits de l'Homme locaux", a-t-il souligné.

M. Konachenkov a dénoncé le recours fréquent par Amnesty International aux "expressions du genre +des frappes russes présumées+ ou +d'éventuelles violations du droit international+ sans la moindre preuve".

"Amnesty International affirme que dans les zones qui auraient été visées par les frappes russes, il n'y avait pas de cibles militaires ou de militants armés", a-t-il poursuivi. "Mais ils ne peuvent pas le savoir et n'ont pas les moyens pour le vérifier", a insisté le porte-parole.

Les frappes aériennes en Syrie sont aussi effectuées par l'aviation de la coalition menée par les Etats-Unis et par les forces aériennes syriennes, a-t-il rappelé, en déplorant une "mauvaise coordination" de ces efforts dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

"Pourquoi Amnesty ne parle que des actions russes ?", s'est-il interrogé, en dénonçant ces "accusations gratuites".

Dans un rapport rendu public mercredi, Amnesty International a accusé la Russie d'avoir tué des "centaines de civils" et causé "des destructions massives" dans des raids aériens qui "bafouent le droit international humanitaire".

L'ONG, dont le siège est à Londres, a par ailleurs affirmé que la Russie avait eu recours à "des bombes à sous-munitions", interdites par les conventions internationales.

"L'aviation russe n'utilise pas de bombes à sous-munitions (...). Il n'y en a pas dans notre base en Syrie", a assuré M. Konachenkov.

Entre le 18 et le 23 décembre les avions russes "ont effectué 302 vols et frappé 1.093 cibles terroristes dans les provinces d'Alep, Idleb, Lattaquié, Homs et Deir Ezzor", a-t-il par ailleurs indiqué.

Un "important camp d'entraînement des terroristes", ainsi que deux dépôts pétroliers et plusieurs véhicules tout terrain de l'EI équipés de mitrailleuses ont été détruits dans ces frappes, selon la même source.

La Russie mène depuis fin septembre des frappes aériennes contre les "groupes terroristes", dont l'EI. Mais les pays occidentaux et arabes accusent Moscou de frapper surtout l'opposition modérée et d'autres groupes de l'insurrection sunnite.

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