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23/12/2015 00:58 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Syrie: l'opposition accuse le régime d'une attaque chimique près de Damas

Des opposants syriens ont affirmé mercredi que cinq personnes avaient péri lors d'une attaque au "gaz toxique" menée la veille par le régime de Bachar al-Assad dans le sud-ouest de Damas.

"Le régime d'Assad a encore une fois utilisé des armes chimiques contre des civils" à Mouadamiyat al-Sham, a dénoncé un groupe de militants de cette localité où des centaines de personnes avaient été tuées en août 2013 dans une attaque similaire.

"Les avions du régime ont lâché des barils explosifs contenant un gaz toxique qui n'a pas encore été identifié dans le sud de la ville", a ajouté le groupe sur Facebook. "Cinq personnes ont été tuées et d'autres souffrent de sérieux problèmes respiratoires".

Des photos et des vidéos postées par le groupe montrent des hommes transportés dans un hôpital de campagne, certains portant des masques respiratoires, d'autres reliés à des tubes utilisés apparemment pour retirer du sang de leurs poumons. Une des victimes au moins semblait porter un uniforme militaire.

Après l'attaque chimique de 2013, la Syrie, qui nie avoir recours à des armes chimiques depuis le début du conflit, avait accepté de déclarer et de remettre son arsenal chimique dans le cadre d'un accord supervisé par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques. Au total, 1.300 m3 d'armes chimiques avaient été saisies en Syrie, dont du gaz moutarde et du sarin.

Un responsable de la sécurité syrienne a nié mercredi le recours à des armes chimiques par les forces du régime, dénonçant des accusations "sans fondements". "L'armée utilise son arsenal traditionnel", a affirmé ce responsable qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat. "Il s'agit de prétextes pour justifier leurs défaites", a-t-il ajouté.

Une cessez-le-feu était observé depuis Noël 2013 par les belligérants à Mouadamiyat al-Cham, qui connaissait un calme relatif alors que la Syrie est en proie depuis 2011 à une guerre civile qui a fait plus de 250.000 morts.

Mais ces derniers jours les combats ont repris, et la localité a été la cible de bombardements et de largage de barils explosifs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Ce dernier a d'ailleurs indiqué que les cinq victimes de l'attaque de mardi étaient des combattants rebelles, sans être en mesure de confirmer si des armes chimiques avaient été utilisées.

La coalition de l'opposition syrienne a rapporté sur Twitter "des cas de suffocation parmi les civils à Mouadamiyat, dans la banlieue de Damas, après avoir été la cible d'une attaque au gas toxique par Assad".

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