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23/12/2015 00:41 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Réfugiés: Prague accuse Berlin d'avoir encouragé l'immigration illégale

Le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka a critiqué l'Allemagne mercredi pour avoir, selon lui, provoqué une immigration illégale en Europe en décidant d'ouvrir grand ses portes aux réfugiés.

"L'Allemagne a envoyé un signal qui a été vu et entendu dans une grande partie du Proche-Orient et d'Afrique du Nord", a-t-il fustigé dans un entretien au quotidien Süddeutsche Zeitung. "Cela a stimulé l'immigration illégale en direction de l'Europe. On ne peut malheureusement pas le nier", selon lui.

La chancelière Angela Merkel avait décidé à la fin de l'été de ne plus renvoyer les réfugiés syriens vers le pays de l'Union européenne par lequel ils sont entrés, puis d'accueillir les réfugiés transitant par la Hongrie qui achevait alors une clôture pour les empêcher d'entrer sur son territoire.

"L'Allemagne a donné d'abord la priorité aux aspects humanitaires de la crise, avant les questions de sécurité", a-t-il souligné.

"Nous devons nous confronter aux conséquences tant que nous ne prenons pas les mesures nécessaires aux frontières extérieures de l'Europe et que la Turquie ne met pas en oeuvre ses engagements", a également souligné le chef du gouvernement de gauche.

Les pays membres de l'UE ont notamment promis 3 milliards d'euros à la Turquie qui s'est engagé à retenir davantage les 2 millions et demi de réfugiés syriens et irakiens sur son sol.

M. Sobotka a défendu les pays de l'est de l'UE qui font montre de peu d'enthousiasme à l'égard des réfugiés, voire les rejettent carrément, comme la Hongrie, la Slovaquie et même la Pologne.

"Nous devons voir les différences qui continuent d'exister en Europe", a-t-il plaidé. "Les Etats d'Europe centrale et orientale étaient très isolés" durant la période communiste jusqu'en 1989. "Nous n'avons que 25 ans d'évolution démocratique derrière nous. Dans un grand nombre de ces pays, les sociétés n'ont pas changé radicalement", a-t-il ajouté.

Environ 70% des Tchèques s'opposent à l'accueil des migrants dans leur pays, selon différents sondages.

Pourtant, il a assuré que la République tchèque se montrait solidaire. "Nous avons envoyé des policiers en Slovénie, en Hongrie et en Macédoine" pour prêter main forte face à l'afflux considérable de migrants à travers les Balkans, a-t-il avancé.

Il a également mis en avant le fait que Prague avait accepté d'accueillir des réfugiés dans le cadre d'un programme de quotas contraignants adoptés par les 28 et rejeté notamment par Bratislava et Budapest.

yap/alf/ros