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23/12/2015 01:49 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Monument aux victimes du communisme : le financement privé bat de l'aile

Le groupe privé derrière le controversé projet de Monument aux victimes du communisme, à Ottawa, peine à trouver des donateurs privés, révèlent des documents obtenus par ICI Radio-Canada en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Un texte de Jean-Sébastien Marier

En vertu d'une entente avec Patrimoine canadien, l'organisme Hommage à la liberté (Tribute to Liberty) devait amasser 1,26 million de dollars pour le projet. L'entente prévoyait que le groupe remette jusqu'à 1,2 million de dollars au ministère avant le 1er avril 2015.

Or, les notes d'une rencontre du comité directeur, tenue le 13 mai dernier, laissent entendre que Hommage à la liberté n'avait alors amassé que 900 000 $.

Joint au téléphone, mardi, le président du conseil d'administration de l'organisme a refusé de nous donner des chiffres à jour sur la campagne de financement.

« Je ne crois pas qu'il soit opportun d'en parler avant que je n'aie l'occasion d'en discuter avec la ministre à la fin janvier », a dit Ludwik Klimkowsk.

M. Klimkowsk a toutefois affirmé que Hommage à la liberté n'aurait aucun mal à atteindre le nouvel objectif de 1,5 million de dollars établi par la ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, la semaine dernière.

Des promesses de donateurs qui ne se concrétisent pas

L'une des pierres angulaires du monument que souhaite construire Hommage à la liberté est un mur commémoratif, pour lequel l'organisme cherche à amasser mille dons de 1000 $, soit une somme totale d'un million de dollars.

« Votre nom, le nom d'un membre de votre famille ou le nom d'un survivant ou d'une victime du communisme sera inscrit sur un mur commémoratif ou sur le chemin menant au Monument », promet Hommage à la liberté aux donateurs sur son site Internet.

Or, un échange de courriels obtenus par ICI Radio-Canada laisse entendre que l'organisme peine à trouver des donateurs.

« En ce moment, vous avez 481 noms pour le mur », peut-on lire dans des courriels datant du mois d'avril 2015, qui résument une conversation entre la trésorière d'Hommage à la liberté, Alide Forstmanis, et la coordonnatrice des commémorations et de l'art public chez Patrimoine canadien, Lorraine Pierce-Hull. « Vous croyez pouvoir atteindre 600 noms, mais pas 1000 », ajoute-t-on.

De plus, les notes de la réunion du 13 mai indiquent que l'organisme n'avait confirmé que « près de 300 noms ».

Par ailleurs, les échanges de courriels entre Mmes Forstmanis et Pierce-Hull révèlent qu'en avril, seulement quatre des huit donateurs, qui avaient promis 100 000 $ chacun, avaient matérialisé leur don.

Un Monument plus petit, ailleurs, dit la ministre

Jeudi dernier, la ministre du Patrimoine a annoncé que le futur Monument aux victimes du communisme sera encore moins imposant que ce que proposaient les devis révisés présentés en juin dernier. Mélanie Joly a également indiqué que son gouvernement consultera la population.

De plus, la ministre a laissé entendre que le projet pourrait voir le jour dans le Jardin des provinces et des territoires, près de l'édifice de Bibliothèque et Archives Canada, plutôt qu'à proximité de la Cour suprême.

Le mot final reviendra toutefois à la Commission de la capitale nationale (CCN).

« La [CCN], à titre d'intendante de la capitale, va donner les approbations nécessaires pour l'utilisation du sol et le design tout au long du projet. De plus, elle gérera la construction du monument », explique par courriel un porte-parole de la CCN, Cédric Pelletier. « Par la suite, elle sera responsable de l'entretien, de la conservation et de la gestion du futur monument. »