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23/12/2015 08:13 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Libye: l'ONU va entériner l'accord de Skhirat, soutenir le gouvernement d'union

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit adopter mercredi après-midi une résolution qui entérine le récent accord inter-libyen et demande d'aider le futur gouvernement libyen d'union nationale à restaurer la stabilité dans le pays.

La séance du Conseil a été fixée à 15H00 (19H00 GMT).

Le projet de résolution, dont l'AFP a eu copie, "salue la signature le 17 décembre de l'accord politique libyen de Skhirat (Maroc) prévoyant de former un gouvernement d'entente nationale" basé à Tripoli.

Il "fait sien le Communiqué" de la conférence internationale de Rome du 13 décembre qui reconnaît ce gouvernement comme "le seul gouvernement légitime de Libye" et il "se déclare résolu à appuyer (ce) gouvernement" dans ses efforts pour stabiliser le pays.

La résolution demande au Conseil de la Présidence créé par l'accord inter-libyen de "s'employer dans le délai de 30 jours" qui lui est imparti à composer le nouveau gouvernement et à mettre en place les "dispositions de sécurité" nécessaires pour stabiliser la Libye.

Dès que ce gouvernement sera opérationnel, soulignent des diplomates, il pourra demander de l'aide pour combattre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ayant pris pied en Libye et pour juguler l'émigration vers l'Europe à partir de la Libye.

Le Conseil invite ainsi les Etats membres de l'ONU à "prêter un concours actif au nouveau gouvernement en vue de vaincre le groupe Etat islamique (EI)", Ansar Al-Sharia et les autres groupes extrémistes alliés à l'EI ou Al-Qaïda et opérant en Libye.

Selon des diplomates, cette aide pourra prendre la forme d'une assistance logistique, en armement, renseignement ou formation, voire même de frappes aériennes contre des positions d'EI.

Chaque pays décidera, seul ou dans le cadre d'une coalition, de la forme de ce soutien et il ne sera pas nécessaire d'adopter une résolution de l'ONU si la demande émane du gouvernement légitime libyen.

Ce nouveau gouvernement pourra aussi inviter l'Union européenne à étendre aux eaux territoriales et aux côtes de la Libye les efforts déployés en haute mer pour intercepter les navires chargés de migrants et lutter contre les réseaux de passeurs.

Pour l'instant, l'opération navale européenne contre les trafiquants, qui vise à juguler un flot d'immigrants sans précédent depuis la Seconde guerre mondiale, est limitée aux eaux internationales.

"Personne ne se fait d'illusion, explique un diplomate, mais nous avons besoin d'avoir un gouvernement considéré comme le seul légitime afin de contrer l'EI et de juguler la migration".

Après des mois de négociations, des hommes politiques, représentants de la société civile libyenne et membres des deux Parlements rivaux ont signé jeudi dernier un accord parrainé par l'ONU, qui prévoit la mise en place d'un gouvernement d'union nationale.

Les présidents des deux Parlements se sont toutefois opposés au texte et sont favorables à un accord alternatif inter-libyen signé début décembre à Tunis.

En plein chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye compte deux Parlements - et deux gouvernements - rivaux, l'un basé à Tripoli et l'autre à Tobrouk (est), ce dernier étant le seul reconnu internationalement.

La résolution demande aux pays membres, notamment dans la région, de ne plus soutenir ces "institutions parallèles" et aux milices libyennes de "respecter l'autorité" du gouvernement d'union.

avz/faa