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23/12/2015 02:51 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Lech Walesa veut un référendum pour demander des élections anticipées

L'ancien président polonais Lech Walesa a vivement critiqué mercredi l'adoption par les conservateurs du parti Droit et Justice (PiS) d'une loi très controversée sur le Tribunal constitutionnel et appelé à un référendum sur la tenue d'élections anticipées.

"Il faut démontrer que deux tiers (NDLR de la société) est opposée à ce genre de pouvoir et raccourcir le mandat" de ce parlement dans lequel le PiS dispose d'une majorité absolue, a déclaré à la Radio Zet le chef historique du mouvement Solidarité.

"Ce gouvernement agit contre les intérêts de la Pologne et nous ridiculise à travers le monde", a-t-il ajouté, visiblement énervé.

Le parti de Jaroslaw Kaczynski a fait voter mardi tard dans la soirée une loi sur le Tribunal constitutionnel qu'il voit comme un obstacle pour ses réformes et qu'il chercherait à paralyser, selon la Cour suprême, l'opposition libérale, de nombreux juristes et des organisations non gouvernementales dont Amnesty International.

Nouvel épisode d'un bras de fer entre le Tribunal constitutionnel, chargé de statuer sur la conformité des lois, et le parti Droit et Justice (PiS) au pouvoir depuis octobre, cette loi a été approuvée par 235 voix de députés, contre 181 et 4 abstentions.

Le texte, débattu dans la précipitation, introduit notamment la règle d'une majorité qualifiée de 2/3 pour les verdicts du Tribunal, obligé de réunir pour pouvoir statuer dans les cas de grande importance 13 juges sur 15 que compte cette cour, au lieu de 9 auparavant.

Il y a quelque jours Lech Walesa a mis en garde les conservateurs contre un risque de "guerre civile" en Pologne, dans une interview à la télévision publique.

Certes, "il faut changer des choses. Ils (les conservateurs) ont raison sur beaucoup de points. Mais non de cette manière-ci", a déclaré le prix Nobel de la Paix en référence aux dernières lois express de la nouvelle majorité.

En 1990, Walesa avait pour conseillers à la présidence, avant de se brouiller avec eux, Jaroslaw Kaczynski, actuel chef du PiS, et son frère jumeau Lech, tué en 2010 dans l'accident de son avion présidentiel à Smolensk (Russie).

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