NOUVELLES
23/12/2015 08:14 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Le Premier ministre géorgien Irakli Garibachvili démissionne à la surprise générale

Le Premier ministre géorgien, Irakli Garibachvili, a annoncé à la surprise générale mercredi sa démission, sur fond de tentative de la coalition au pouvoir de faire remonter sa popularité en vue des élections législatives de 2016.

"J'ai pris la décision de quitter mon poste", a déclaré, dans un discours télévisé à la nation, le chef du gouvernement. "Tous les postes sont provisoires, il n'y a que Dieu et la Patrie qui sont éternels", a-t-il ajouté, sans donner plus d'explications sur sa décision.

Selon des médias géorgiens, M. Garibachvili pourrait être remplacé par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de cette ex-république soviétique du Caucase, Guiorgui Kvirikachvili.

Nommé à son poste en novembre 2013, Irakli Garibachvili, aujourd'hui âgé de 33 ans, était devenu à l'époque le plus jeune chef de gouvernement en Europe.

Presque totalement inconnu jusqu'à sa nomination au poste de ministre de l'Intérieur en octobre 2012, M. Garibachvili a été considéré comme un proche allié du milliardaire et ancien Premier ministre Bidzina Ivanichvili, dont la coalition Rêve géorgien a remporté la même année les élections législatives en Géorgie en mettant fin à la domination du parti Mouvement national unifié de l'ex-président Mikheïl Saakachvili.

Diplômé de la Sorbonne à Paris où il a étudié les relations internationales, Irakli Garibachvili avait notamment dirigé la fondation caritative du milliardaire et travaillé dans sa banque, ainsi que pour la maison de disques de son fils, un chanteur de rap.

Selon des opposants géorgiens, la démission de M. Garibachvili pourrait s'inscrire dans le cadre des efforts de la coalition au pouvoir en vue d'enrayer la forte baisse de sa popularité sur fond de crise économique en vue des élections législatives d'octobre 2016.

"Le Rêve géorgien cherche à remplacer Garibachvili parce que sa cote de popularité chute drastiquement", a déclaré aux journalistes un député du parti d'opposition Démocrates libres, Irakli Tchikovani.

Avant l'officialisation de la démission du Premier ministre, le dirigeant du parti Mouvement national unifié, Guiga Bokeria, avait jugé "logique" cette possibilité : "Le pays traverse une crise économique catastrophique".

La croissance économique y a ralenti depuis l'arrivée au pouvoir du Rêve géorgien, intervenue après des années de rapide expansion sur fond de réformes libérales réalisées par le pro-occidental Mikheïl Saakachvili, qui exerce désormais des responsabilités en Ukraine et a été récemment déchu de sa nationalité géorgienne.

Ces derniers mois, le coup de frein s'est accentué et la monnaie géorgienne s'est dépréciée en raison de la récession qui frappe la Russie, toujours un important partenaire commercial et où vit une grande diaspora géorgienne.

La cote de popularité du Rêve géorgien ne dépasse pas actuellement 18%, selon un sondage publié par l'Institut national démocratique, dont le siège est aux Etats-Unis.

Les détracteurs de M. Garibachvili ont souvent critiqué sa nomination, affirmant qu'il n'avait pas suffisamment d'expérience pour diriger le gouvernement et n'était qu'une marionnette de M. Ivanichvili.

Nombre d'observateurs estiment à cet égard que ce dernier continue de tirer les ficelles depuis son départ du pouvoir.

im-mp/gmo/bds