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23/12/2015 17:12 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Le jazz est en deuil: le saxophoniste Yusef Lateef s'éteint à l'âge de 93 ans

SHUTESBURY — Le saxophoniste Yusef Lateef, un des premiers musiciens de jazz à incorporer des éléments de la musique du monde dans le jazz, est décédé lundi à l'âge de 93 ans.

Lateef, un spécialiste du ténor, était aussi un excellent flûtiste. Il pouvait aussi jouer du hautbois et du basson. Il avait appris à jouer de nombreux modèles de flûte et de nombreux instruments à vent provenant de plusieurs pays.

A titre de compositeur, il avait créé des oeuvres pouvant être joués par des musiciens en solo, par des orchestres et par des choeurs. Certaines de ses compositions ont été interprétées par des orchestres symphoniques aux États-Unis et en Allemagne. En 1987, il avait remporté un prix Grammy dans la catégorie «Nouvel âge» pour son album Yusef Lateef's Little Symphony.

En 2010, il avait obtenu le prix NEA Jazz Master, le plus haute récompense civiles pour un musicien de jazz.

Il a présenté de nombreux concerts en Amérique du Nord, en Europe, au Japon et en Afrique. Il a réalisé sa dernière tournée au cours de l'été dernier.

Né à Chattanooga, au Tennessee en 1920, Lateef, qui s'appelait William Emanuel Huddleston à sa naissance, est déménagé avec sa famille à Detroit cinq ans plus tard. Dès l'âge de 18 ans, il était un musicien professionnel. Il a notamment fait partie des grands orchestres de Lucky Millinder, Roy Eldridge et Hot Lips Page. En 1949, Dizzy Gillespie l'a recruté au sein de son propre grand orchestre. C'est à cette époque qu'il a changé son nom en se convertissant à l'islam.

Son premier enregistrement en leader remonte à 1956. Il a ensuite enregistré plus de 100 albums pour des étiquettes comme Prestige, Impulse!, Atlantic et sa propre maison de disque YAL. Il a notamment enregistré de superbes versions de «Love Theme from Spartacus» et de «Morning».

«Tous les humains ont des connaissances, avait-il dit lors d'une entrevue en 2009. Chaque culture a des connaissances. C'est la raison pour laquelle j'ai étudié avec Saj Dev, un flûtiste indien. C'est la raison pour laquelle j'ai étudié la musique de Stockhausen. La musique des Pygmées est très riche. On doit tenter d'apprendre des choses du berceau jusqu'au cercueil. Si on est curieux, on peut découvrir des choses qui étaient inconnues jusque-là.»