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23/12/2015 09:27 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

L'Ukraine doit adopter un budget convenant au FMI pour éviter une "catastrophe" (gouvernement)

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a exhorté mercredi le Parlement à adopter d'urgence un budget 2016 conforme aux exigences du FMI pour éviter une "catastrophe économique" dans ce pays, ravagé par une grave crise économique et un conflit armé dans l'Est.

"Chers députés, le budget doit être adopté", a martelé M. Iatseniouk lors d'un conseil des ministres à la veille d'un nouveau examen de ce document au Parlement, alors que la coalition pro-occidentale au pouvoir, très divisée, peine depuis des semaines à voter des projets de lois en ce sens jugés trop marqués d'austérité.

"L'irresponsabilité de certains députés et groupes parlementaires risque de mener au non-paiement de retraites et salaires, à l'absence de financement pour l'armée et la police ukrainiennes, (...) pour les écoles et les hôpitaux, de facto à une catastrophe économique", a-t-il poursuivi.

"Nous ne permettrons pas de ruiner la stabilité financière du pays", a encore ajouté M. Iatseniouk. "S'il faut que les députés passent le Nouvel ans au Parlement, alors c'est là-bas qu'on va tous le fêter, y compris les membres du gouvernement", a prévenu le chef du gouvernement.

L'adoption du budget 2016 est retardée notamment par les désaccords entourant la réforme fiscale qui doit en former la base. Deux projets rivaux de réforme fiscale étaient débattus: celui du gouvernement prévoyant un taux d'imposition unique et une baisse des charges patronales associé à un déficit budgétaire modéré, et celui du Parlement avec une plus forte baisse des impôts et un large déficit budgétaire, très critiqué par le Fonds monétaire international (FMI).

Les Occidentaux, dont l'aide financière est cruciale pour Kiev, n'ont cessé de presser les députés à soutenir le compromis présenté par le gouvernement. Dans une déclaration conjointe mardi, les ambassadeurs des pays du G7 en Ukraine ont appelé le Parlement à voter pour la réforme fiscale et le projet du budget gouvernementaux, "conformes aux engagements" de Kiev auprès du FMI.

Le FMI a de son côté exprimé sa "préoccupation" et menacé d'"interrompre" l'aide financière à Kiev si le budget 2016 n'était pas conforme à ses conditions.

Le FMI réclame notamment un déficit budgétaire limité à 3,7% du PIB et des réformes structurelles abolissant des privilèges fiscaux et élargissant la base fiscale tout en réduisant les dépenses d'Etat.

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