NOUVELLES
23/12/2015 02:34 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

L'armée nigériane a tué des enfants chiites sans défense, selon HRW

LAGOS, Nigéria — L'armée nigériane a ouvert le feu contre des enfants chiites sans défense, sans avoir été provoquée, avant de lancer des opérations injustifiées qui ont coûté la vie à des centaines de membres de cette minorité religieuse, a affirmé mercredi Human Rights Watch.

Ces accusations surviennent au moment où le leader des quelque 80 millions de musulmans du Nigéria— le sultan du Sokoto, Muhammad Sa'ad Abubakar — mettait le gouvernement en garde contre des gestes qui pourraient radicaliser les autres musulmans dans un pays où l'insurrection des djihadistes de Boko Haram a déjà fait 20 000 morts.

Human Rights Watch a remis en question mercredi la version de l'armée nigériane, qui prétend que les attaques lancées pendant trois jours contre trois secteurs chiites de la ville de Zaria, dans la nord du pays, sont survenues après une tentative d'assassinat contre le chef d'état-major de l'armée.

Le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne a dit qu'il est pratiquement impossible d'imaginer comment un barrage routier érigé par quelques jeunes hommes en colère pourrait justifier le massacre de centaines de personnes.

Le directeur de HRW pour l'Afrique, Daniel Bekele, a affirmé qu'il s'agissait au mieux d'une réaction exagérée brutale, et au pire d'une attaque préméditée contre la minorité chiite. La version de l'armée, ajoute le groupe, n'est tout simplement pas logique.

Des militants locaux prétendent que jusqu'à un millier de personnes pourraient avoir été tuées.

Le leader du groupe, Ibraheem Zakzaky, a été atteint d'au moins quatre balles et compte parmi les dizaines de personnes qui ont été arrêtées. Son Mouvement islamique chiite du Nigéria a affirmé mardi que des gens blessés lors des attaques meurent entre les mains de la police et de l'armée, puisqu'on leur refuse des soins médicaux.

Le porte-parole Ibrahim Musa ajoute que les dirigeants de l'État de Kaduna ont pris la relève du gouvernement fédéral pour détruire la propriété du mouvement, qui compte quelque trois millions de membres. Une école et un cimetière aurait été nivelés lundi.

Le mouvement Boko Haram s'est radicalisé et est devenu nettement plus violent après avoir été attaqué en 2009, lors d'une opération qui avait fait quelque 700 morts dont son chef, Mohammed Yusuf, un ancien fidèle de Zakzaky.