NOUVELLES
23/12/2015 06:41 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

L'armée afghane envoie des renforts dans le sud pour desserrer l'étau des talibans

L'armée afghane a envoyé mercredi des renforts dans le district de Sangin, dans la province méridionale du Helmand, pour tenter d'y repousser les rebelles talibans, au lendemain de l'envoi d'un petit contingent de soldats britanniques chargés de "conseiller" leurs homologues.

Les forces de sécurité afghanes sont prises en tenaille dans Sangin, un important carrefour marchand et haut lieu de la culture du pavot, et harcelées par des insurgés ragaillardis par de récentes victoires remportées dans le cadre d'une offensive de grande envergure.

Dans la nuit de mardi à mercredi, "des renforts issus des forces spéciales sont arrivés par les airs", a indiqué Mohammad Jan Rasoolyar, vice-gouverneur du Helmand. "Je suis certain que nous ne perdrons pas Sangin car le gouvernement y prête une attention particulière", a-t-il ajouté.

Des déclarations à rebours d'une mise en garde adressée dimanche au président Ashraf Ghani dans laquelle M. Rasoolyar prévenait que le Helmand était "sur le point" de tomber aux mains des rebelles islamistes.

Selon des habitants fuyant Sangin, les talibans ont exécuté des soldats faits prisonniers au fur et à mesure de leur avancée. Nombre d'habitants ont déjà quitté Sangin pour Lashkar Gah, le chef-lieu provincial situé à 90 km plus au sud.

Le Helmand, et Sangin en particulier, revêt une grande importance tant par sa situation géographique que par les féroces combats qui y opposèrent les talibans et les troupes américaines et britanniques à l'époque de la mission de combat de l'Otan, achevée il y a tout juste un an.

Signe de la nervosité des alliés occidentaux de Kaboul, Londres a envoyé un "petit contingent" de soldats dans le Helmand. Le gouvernement britannique a indiqué mardi que ce contingent était arrivé à Camp Shorabak, site qui fut la principale base britannique en Afghanistan avant d'être transféré aux forces afghanes l'an dernier.

Ce contingent compte environ 90 personnes, selon un responsable afghan. Conformément à l'esprit de la nouvelle mission de l'Alliance atlantique dans le pays, les troupes britanniques n'ont pas vocation à se battre contre les insurgés mais uniquement à "conseiller" leurs homologues afghans, insiste-t-on à Londres.

Mais le geste britannique contribue à "renforcer l'image d'une armée afghane incapable de repousser seule les insurgés", trois mois après la brève prise de la ville de Kunduz (nord) par les talibans, estime Omar Hamid, expert au cabinet d'analyses IHS à Londres.

L'instabilité que connaît le Helmand intervient sur fond de tentative de dialogue entre le président Ashraf Ghani et le Pakistan, traditionnel soutien des talibans, afin de relancer les discussions de paix avec les insurgés. Mais celles-ci sont dans l'impasse.

Le chef de l'armée pakistanaise, Raheel Sharif, doit se rendre à Kaboul ces prochains jours, a indiqué mardi à l'AFP une source au sein des forces de sécurité pakistanaises, dans ce qui semble être une tentative pour relancer ces discussions.

Toujours au Pakistan, l'explosion d'une bombe artisanale a fait au moins trois morts mercredi dans une région proche de la frontière afghane, a indiqué à l'AFP un responsable local de l'administration, Naveed Akbar. Les victimes sont deux enfants de 8 et 10 ans qui étaient à bord d'une voiture, ainsi que le chauffeur.

Il s'agit de la troisième attaque de ce type en trois jours dans la région tribale de Mohmand, où l'armée pakistanaise fait face depuis une décennie à des militants d'Al-Qaïda et des alliés des talibans. Lundi, deux attaques séparées y avaient déjà fait trois morts, dont un haut responsable pakistanais.

str-hs-gde/ros/cel/lpt