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23/12/2015 09:23 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Italie: grâce présidentielle pour un ex-responsable de la CIA

Le président italien Sergio Mattarella a accordé mercredi sa grâce à deux Américains, dont un ancien responsable de la CIA dans la péninsule, condamnés par contumace à des peines de prison pour l'enlèvement d'un imam égyptien en 2003 en Italie.

Robert Seldon Lady, "condamné à neuf ans de réclusion, obtient une grâce partielle de deux ans", indique un communiqué de la présidence italienne.

M. Lady, surnommé "Mister Bob", était le responsable de la CIA à Milan, la capitale économique de l'Italie. Il est accusé d'être responsable de l'enlèvement en 2003 d'un imam égyptien, Abou Omar, membre de l'opposition islamiste radicale, qui bénéficiait de l'asile politique en Italie. L'imam avait ensuite été transféré en Egypte où il affirme avoir été torturé.

Le procès en première instance dans cette affaire avait été ouvert en juin 2007 et la Cour de Cassation avait confirmé en septembre 2012 des peines allant de sept ans à neuf ans de prison pour 23 agents, tous américains, la plus lourde ayant été infligée à M. Lady.

L'autre personne graciée est Mme Betnie Medero, elle aussi de la CIA, mais condamnée à une peine plus légère, précise le communiqué.

Le président italien a concédé la grâce "après l'avis favorable formulé par le ministère de la Justice" italien et en considération du fait que "les Etats-Unis, depuis la première élection du président Barack Obama, ont interrompu la pratique des transfèrements secrets", +extraordinary renditions+ dans le texte, jugée "par l'Italie et l'Union européenne incompatible avec les principes de l'Etat de droit".

M. Lady avait demandé en septembre 2013 la grâce au président italien de l'époque, Giorgio Napolitano.

Ce dernier avait déjà concédé, en avril de la même année, la grâce à Joseph Romano, responsable de la base américaine d'Aviano, d'où l'avion qui transférait l'imam vers son pays était parti. Cette décision, au bénéfice de l'unique militaire du Pentagone et de l'Otan condamné dans cette affaire, avait été saluée par les Etats-Unis.

ljm/cel