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23/12/2015 04:52 EST | Actualisé 23/12/2015 04:52 EST

Hocine Aït Ahmed, l'opposant historique du régime algérien, est décédé

Dave and Les Jacobs via Getty Images
Close up of lit tea light candles on wooden table

Hocine Aït Ahmed, une des plus grandes figures historiques de l'Algérie, s'est éteint mercredi à l'âge de 89 ans, à Lausanne, en Suisse.

Il était le dernier survivant des neuf dirigeants qui ont déclenché la guerre de libération contre le colonialisme français le 1er novembre 1954.

Révolutionnaire et diplomate infatigable, il avait réussi à introduire la question algérienne à l'ONU, alors que la France considérait que la guerre d'Algérie était une affaire interne, qui ne pouvait pas faire l'objet de débat à l'ONU.

Lors d'un voyage entre le Maroc et la Tunisie avec quatre autres dirigeants algériens en 1956, l'avion mis à disposition par le roi du Maroc Mohamed V est détourné par des avions de guerre français et forcé d'atterrir à Alger.

Hocine Aït Ahmed est alors emprisonné en France jusqu'à l'indépendance de l'Algérie, en juillet 1962.

Revenu au pays, il est élu député de la première Assemblée constituante algérienne, mais il démissionnera en 1963 pour protester contre le régime autoritaire qui se mettait en place.

Il sera à la tête de la rébellion contre le régime une année après l'indépendance du pays. Il sera arrêté, emprisonné et condamné à mort, mais il réussira à s'évader de prison en 1966 pour rejoindre la Suisse, où il restera en exil durant plus de 20 ans.

De retour en Algérie après l'ouverture démocratique du début des années 1990, il organise son parti, le Front des forces socialistes (FFS), et participe activement à la vie démocratique naissante du pays.

En 1992, l'armée met un frein à la victoire des islamistes, Hocine Aït Ahmed dénoncera le coup d'État et quittera le pays pour s'exiler une autre fois.

Alors que l'Algérie vivait une guerre civile sanglante, il signera en 1995 avec les partis de l'opposition, y compris le Front islamique du salut (FIS), une plateforme appelant le régime au dialogue pour mettre fin au conflit, qui fera 200 000 morts.

En 1999, il revient au pays pour participer à l'élection présidentielle, mais il se retirera de la course avec six autres candidats pour dénoncer la fraude qui favorisait le candidat du régime, Abdelaziz Bouteflika.

Affaibli par l'âge et la maladie, il s'est retiré de la vie politique en 2012.

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