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23/12/2015 09:29 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Géorgie : en difficulté sur l'économie, le Premier ministre démissionne

Le Premier ministre géorgien Irakli Garibachvili, critiqué pour sa gestion de l'économie à moins d'un an d'élections législatives, a annoncé mercredi sa démission après avoir passé deux années à son poste.

Après des années de rapide croissance ayant accompagné le tournant pro-occidental de 2003, l'économie de la Géorgie, une ex-république soviétique du Caucase, patine et la cote de popularité de la coalition du Rêve géorgien est au plus bas. Elle ne dépasse pas 18%, selon un sondage publié par l'Institut national démocratique, dont le siège est aux Etats-Unis.

"J'ai pris la décision de quitter mon poste", a déclaré, dans un discours retransmis à la télévision, le chef du gouvernement. "Tous les postes sont provisoires, il n'y a que Dieu et la Patrie qui sont éternels", a-t-il ajouté, sans donner plus d'explications sur sa décision.

Le président du Parlement, David Oussoupachvili, a indiqué à la presse que la coalition lui désignerait un successeur vendredi.

Selon des médias géorgiens, M. Garibachvili pourrait être remplacé par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Guiorgui Kvirikachvili.

Nommé en novembre 2013, Irakli Garibachvili, aujourd'hui âgé de 33 ans, était devenu à l'époque le plus jeune chef de gouvernement en Europe et ses détracteurs l'ont parfois critiqué pour son manque d'expérience.

Presque totalement inconnu jusqu'à sa nomination en octobre 2012 aux fonctions de ministre de l'Intérieur, M. Garibachvili a été considéré comme un proche allié -voire une "marionnette"- du milliardaire et ancien Premier ministre Bidzina Ivanichvili, dont nombre d'observateurs considèrent qu'il continue de tirer les ficelles depuis qu'il a quitté le pouvoir.

Ce dernier, à la tête de la coalition Rêve géorgien, avait remporté la même année les élections législatives en Géorgie, mettant fin à la domination du parti Mouvement national unifié de l'ex-président Mikheïl Saakachvili.

Diplômé de la Sorbonne à Paris où il a étudié les relations internationales, Irakli Garibachvili avait notamment dirigé la fondation caritative du milliardaire et travaillé dans sa banque, ainsi que pour la maison de disques de son fils, un chanteur de rap.

- 'Crise catastrophique' -

Des opposants géorgiens pensent que la démission de M. Garibachvili pourrait s'inscrire dans le cadre des efforts de la coalition au pouvoir en vue d'enrayer la forte baisse de sa popularité sur fond de crise économique en vue des législatives d'octobre 2016.

"Le Rêve géorgien cherche à remplacer Garibachvili parce que sa cote de popularité chute drastiquement", a déclaré aux journalistes un député du parti d'opposition Démocrates libres, Irakli Tchikovani.

Avant l'officialisation de la démission du Premier ministre, le dirigeant du parti Mouvement national unifié, Guiga Bokeria, avait jugé "logique" cette possibilité : "Le pays traverse une crise économique catastrophique".

Début décembre, le Fonds monétaire international a évalué la croissance du produit intérieur brut à 2,5% cette année, et dit prévoir 3% en 2016.

Ces performances semblent bien pâles face aux besoins de modernisation de la Géorgie et surtout comparé aux années de rapide expansion qui ont accompagné les réformes libérales réalisées par le pro-occidental Mikheïl Saakachvili.

Porté au pouvoir par la "Révolution de la rose" en 2003, ce dernier exerce désormais des responsabilités en Ukraine, où il est gouverneur de la région d'Odessa (sud), et a été récemment déchu de sa nationalité géorgienne.

Depuis son départ, l'économie a eu tendance à s'essouffler et, ces derniers mois, le coup de frein économique s'est accentué et la monnaie géorgienne s'est dépréciée en raison de la récession qui frappe la Russie, toujours un important partenaire commercial et où vit une grande diaspora géorgienne.

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