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23/12/2015 02:17 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

GB: la croissance économique revue en baisse

La croissance du Royaume-Uni a été moindre que ce qui avait été estimé jusqu'à présent aux deuxième et troisième trimestres, selon des chiffres officiels dévoilés mercredi qui font l'effet d'une mauvaise surprise pour le gouvernement de David Cameron.

Le produit intérieur brut (PIB) a progressé de seulement 0,4% au troisième trimestre par rapport au précédent, selon une troisième et dernière estimation de l'Office des statistiques nationales (ONS).

C'est 0,1 point de moins que les 0,5% qui avaient été estimés jusque-là, un chiffre que les économistes s'attendaient dans l'ensemble à voir confirmé.

C'est la contribution du secteur financier, très important à Londres, qui a été moindre que ce qui avait été calculé auparavant, a expliqué l'ONS.

Sur un an, la progression du PIB au troisième trimestre a été revue à 2,1% contre une précédente estimation de 2,3%.

La croissance au deuxième trimestre par rapport au premier a également été revue à la baisse à 0,5% contre 0,7% estimés jusque-là.

"La reprise économique a moins d'élan que ce que nous pensions et elle semble toujours caractérisée par des déséquilibres inquiétants", a commenté Ruth Miller, économiste du cabinet Capital Economics.

La croissance a été alimentée par la demande intérieure, tandis que le commerce extérieur se montre déprimé. L'économiste a dans la foulée révisé à la baisse ses prévisions de croissance pour l'ensemble de l'année 2015 à 2,2% contre 2,4% auparavant.

Les chiffres décevants publiés mercredi représentent une mauvaise nouvelle pour le gouvernement du Premier ministre conservateur David Cameron, prompt à vanter les succès de l'économie britannique face à ses voisins européens.

"Le Royaume-Uni a connu la croissance la plus rapide du G7 l'an dernier, nous sommes dans le peloton de tête avec les États-Unis cette année, nous avons un taux d'emploi record et le déficit recule", a relativisé un porte-parole du Trésor.

"Les chiffres d'aujourd'hui soulignent le fait que des risques demeurent", a-t-il toutefois ajouté.

Les économistes s'attendent à une amélioration au quatrième trimestre, avec une croissance prévue à 0,6%.

L'an prochain, le pays pourrait bénéficier de l'amélioration continue du pouvoir d'achat des Britanniques mais de nouveaux risques vont se matérialiser.

"La croissance (et particulièrement les investissements des entreprises) pourrait être freinée pendant un moment en 2016 par l'incertitude avant le référendum sur l'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne", observe Howard Archer, économiste chez IHS.

David Cameron a promis ce scrutin d'ici la fin 2017 mais des responsables économiques le pressent de l'organiser rapidement pour limiter la période d'incertitude qu'il générera. La semaine dernière, le Premier ministre a laissé entendre qu'il pourrait l'organiser dès 2016 et les médias britanniques spéculent désormais sur un vote dès juin-juillet l'année prochaine.

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