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23/12/2015 05:13 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Espagne: le chef des socialistes refuse la reconduction de Rajoy à la tête du gouvernement

Le chef du Parti socialiste espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé mercredi qu'il voterait contre la reconduction du conservateur Mariano Rajoy à la tête du gouvernement, après l'avoir rencontré à Madrid.

Il s'est prononcé pour la formation d'un "gouvernement de changement" et pour que soient évitées de nouvelles élections, au cours d'une conférence de presse au siège de son parti.

"Nous allons voter contre la continuité du Parti populaire à la tête du gouvernement, avec Mariano Rajoy en tant que président du gouvernement", a dit M. Sanchez, après une entrevue avec le dirigeant conservateur qui aurait besoin de son abstention pour former un gouvernement minoritaire.

Il a reproché à M. Rajoy d'avoir gouverné depuis 2011 "seul contre tous" et d'avoir "confondu majorité absolue et absolutisme".

En excluant explicitement que M. Rajoy soit à la tête de l'exécutif, M. Sanchez ne ferme pas la porte à la formation d'un gouvernement par le parti conservateur, vainqueur des élections avec 123 députés mais sans majorité absolue.

Il a par ailleurs jugé "légitime" que son parti, "seconde force du pays", obtienne la présidence de la chambre des députés, signe que la rencontre de mercredi n'est que le début de longues négociations entre tous les partis.

"Il est de la responsabilité de la première force politique de tenter de former un gouvernement", mais s'il n'y arrive pas, "nous allons explorer toutes les possibilités pour qu'il y ait un gouvernement du changement" qui réponde aux voeux des électeurs et éviter la tenue de nouvelles élections, qui devraient être "la dernière des options".

"Il s'agit de respecter le mandat confié par les Espagnols qui ont réclamé un changement progressiste, présidé par le dialogue", a-t-il dit, en assignant au PSOE la mission de "construire des ponts".

Appelant à des "changements fondamentaux dans le pays", M. Sanchez a souhaité "une reprise économique qui soit juste, un nouveau système fiscal, le rétablissement de nombreux droits des travailleurs, perdus selon lui sous le gouvernement de M. Rajoy, "un pacte pour l'éducation, la science, la culture" et un autre "contre les violences conjugales".

En réponse au défi séparatiste en Catalogne, il a de nouveau prôné "une réforme constitutionnelle", en répétant que le PSOE n'allait "pas accepter que l'unité nationale soit brisée".

Le PSOE, à la deuxième place à l'issue des législatives, a obtenu 90 sièges de députés, devant la formation de gauche radicale Podemos, qui en a 69.

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