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23/12/2015 00:12 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

"Crise grave" dans l'UE en cas de sortie du Royaume-Uni, estime le président polonais

Le président conservateur polonais Andrzej Duda a estimé mercredi qu'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) entraînerait une "crise grave" au sein de l'union, dans une interview à la BBC.

"L'UE a été secouée maintes et maintes fois par des crises qu'il s'agisse de la crise financière ou de celle des migrants", a dit Andrzej Duda dans sa première interview à un média international depuis son élection à la présidence polonaise en mai.

"Ne nous voilons pas la face, une sortie du Royaume-Uni de l'UE causerait une crise grave au sein de l'UE. Je n'ai aucun doute là-dessus", a-t-il ajouté, qualifiant le parti Droit et Justice (PiS) dont il est proche et qui détient la majorité au parlement national d'"euro-réalistes" et non d'eurosceptiques.

"Nous voulons que l'UE soit efficace. Pour qu'elle anticipe tout éventuel problème futur qui risque de croiser son chemin", a-t-il également indiqué.

Mais il a précisé qu'il était en désaccord avec le Premier ministre britannique David Cameron sur sa volonté de priver les migrants issus de l'UE de prestations sociales pendant leurs quatre premières années au Royaume-Uni.

"Je ne suis pas d'accord pour contrevenir à nos libertés fondamentales qui sont prévues dans le cadre de l'UE et dont l'un des principes est la non-discrimination", a-t-il martelé, se disant "complètement contre le changement de ce principe".

David Cameron a promis d'organiser un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE d'ici à la fin 2017. Pour l'heure, il négocie avec ses partenaires européens pour obtenir des réformes de l'UE, la plus controversée d'entre elles portant sur la privation d'allocations aux migrants afin de tenter d'endiguer l'immigration vers le Royaume-Uni. Cette réforme concernerait particulièrement les ressortissants polonais, roumains et bulgares.

Après le sommet européen de la semaine dernière à Bruxelles, David Cameron s'est montré confiant d'aboutir à un compromis avec ses partenaires européens dès février, ce qui pourrait donner lieu à l'organisation du référendum dès 2016, en juin ou juillet selon les médias britanniques.

A Londres, l'ancien ministre conservateur des Affaires étrangères William Hague a estimé qu'une sortie du Royaume-Uni de l'UE "détruirait" le pays en rouvrant le débat sur l'indépendance écossaise et "affaiblirait gravement" l'UE.

"Donc, même si je suis un critique de longue date de cette organisation, il est peu probable que je vote en 2016 pour la quitter", a déclaré celui qui est désormais membre des Lords, la chambre haute du parlement britannique.

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