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22/12/2015 22:10 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Chine: la police enquête sur une Bourse de métaux défaillante, après la colère d'investisseurs "dupés"

La police chinoise a ouvert une enquête contre Fanya, une plateforme d'investissement dédiée aux métaux, ont an noncé les autorités, deux mois après une tentative de manifestation à Pékin de centaines d'investisseurs se disant "dupés" et assurant avoir perdu des sommes colossales.

Comme nombre d'autres institutions financières chinoises, le Fanya Metals Exchange, basé à Kunming (sud de la Chine) offrait des programmes d'investissement à haut rendement, en proposant de jouer sur la hausse des prix de métaux rares, du cobalt et de l'argent. Il aurait géré jusqu'à 40 milliards de yuans (5,6 milliards d'euros) d'actifs.

Mais confronté au vif ralentissement de l'économie chinoise et au plongeon des cours des matières premières, Fanya a cessé depuis avril d'honorer ses versements à quelque 220.000 investisseurs --dont beaucoup ont manifesté leur colère à plusieurs reprises, dénonçant des manipulations et pratiques "frauduleuses" de l'opérateur.

La police a fini par ouvrir tardivement une enquête sur Fanya, sur des soupçons d'"activités criminelles", a indiqué le gouvernement de Kunming dans un communiqué diffusé mercredi sur le site internet de la municipalité.

Sans guère de précisions et sans nécessairement apporter de garanties aux personnes flouées, l'annonce ne contribuait pas à apaiser les inquiétudes des investisseurs.

"La police est en train d'établir les charges contre Fanya, mais c'est difficile de dire si c'est une bonne chose ou non pour nous autres investisseurs", a confié à l'AFP Yu Haichao, qui avait placé plus de 170.000 yuans dans le Fanya Metals Exchange.

"Je pense que c'est juste un geste de bonne volonté pour s'assurer la paix sociale", grinçait-elle.

Comme plus de 300 autres personnes, Mme Yu avait été arrêtée par les forces de l'ordre en octobre alors qu'elle se rendait à Pékin pour participer à une manifestation de masse d'investisseurs se disant "floués" par Fanya.

Pour être libérée, elle avait dû signer un document où elle promettait de ne pas prendre part à d'autres évènements de protestation, et des officiels l'avaient raccompagnée chez elle dans la province du Shanxi.

Un peu plus tôt en août, d'autres investisseurs furieux avaient appréhendé le président de Fanya, Shan Jiuliang, dans un hôtel de Shanghai, avant de le livrer à la police... qui l'avait aussitôt laissé repartir.

Mais la semaine dernière, une société appartenant à M. Shan avait annoncé "avoir perdu le contact" avec son dirigeant, une "disparition" qui augurait déjà selon plusieurs médias d'une enquête ciblant le Fanya Exchange.

Les déboires de celui-ci avaient commencé bien avant la débâcle spectaculaire cet été des Bourses de Shanghai et Shenzhen, qui se sont effondrées d'environ 30% en quelques semaines en dépit des mesures du gouvernement --un épisode qui a encore échaudé la confiance des investisseurs chinois dans leurs institutions financières.

azk-jug/ros