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23/12/2015 07:57 EST | Actualisé 23/12/2016 00:12 EST

Argentine : le gouvernement démet le président de l'autorité de régulation des médias

Le gouvernement du nouveau président argentin Mauricio Macri a démis mercredi de ses fonctions le président de l'autorité de régulation des médias Martin Sabbatella, un proche de l'ex-présidente Cristina Kirchner nommé jusqu'en 2017, estimant qu'il était entré "en rébellion".

"Nous intervenons par décret. Il (Martin Sabbatella, ndlr) prend des décision sans tenir compte de la politique du gouvernement. Il est entré en rébellion", a déclaré le nouveau ministre des Télécommunications Oscar Aguad au cours d'une conférence de presse.

Pendant que le ministre faisait ses déclarations, un dispositif policier était déployé aux alentours du siège de l'AFSCA, l'organisme fédéral de régulation du paysage audiovisuel argentin, où des partisans de Cristina Kirchner s'étaient rassemblés.

Oscar Aguad a expliqué que ce déploiement avait été décidé face à d'éventuels "troubles à l'ordre public".

Le président de l'AFSCA, Martin Sabbatella, un proche du précédent gouvernement, celui de Cristina Kirchner, s'est dit prêt à combattre cette décision du gouvernement, affirmant être protégé par la Loi sur les médias, votée en 2009 mais très controversée, qui lui confère ce poste jusqu'en 2017.

Il sera remplacé par Agustin Garzon, un avocat nommé par Mauricio Macri.

"C'est une violation brutale (de la loi). Aguad a affirmé que la Loi sur les médias devait disparaître. Si c'est le cas, il doit aller devant le parlement, l'abroger et en présenter une autre", s'est défendu Martin Sabbatella au micro de la radio 10.

Avant de prendre ses fonctions, le nouveau président avait demandé à Cristina Kirchner (2007-2015) le départ de plusieurs hauts-fonctionnaires, dont Martin Sabbatella, avaient expliqué des sources proches de Mauricio Macri.

La Loi sur les médias, contre laquelle avaient voté les partisans de Mauricio Macri, visait à limiter le nombre des réseaux de télévision par câble, des chaînes et des radios détenus par un même groupe.

Elle s'appliquait en premier lieu à Clarin, le principal groupe de presse argentin, ouvertement opposé au gouvernement kirchnériste de l'époque.

De son côté, Clarin (télévision, presse écrite, radio, opérateur de câble) s'est engagé ces dernières années dans une intense bataille judiciaire pour éviter l'application de la loi qui prévoyait son démantèlement en plusieurs entités.

Il accusait Cristina Kirchner de chercher à affaiblir un groupe indépendant et critique de sa politique.

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