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22/12/2015 09:00 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Yémen: le médiateur de l'ONU espère un cessez-le-feu durable

Le médiateur de l'ONU au Yémen s'est montré mardi sans illusion sur la difficulté des négociations de paix et a demandé le soutien du Conseil de sécurité pour "un cessez-le-feu durable et complet".

Les récentes négociations en Suisse entre gouvernement et rebelles "ont révélé de profondes divisions entre les deux camps sur le chemin vers la paix et la forme d'un futur accord", a souligné Ismaïl Ould Cheikh Ahmed devant le Conseil. "La confiance reste faible entre les parties".

"Je dois admettre qu'il y a eu des jours où j'ai craint que les deux camps ne puissent pas trouver un moyen de progresser sur aucun des points essentiels", a-t-il reconnu.

"Nous savons tous que le chemin vers la paix au Yémen sera long et difficile mais nous savons aussi que l'échec n'est pas une option", a-t-il affirmé.

"J'ai besoin du soutien du Conseil pour assurer un cessez-le-feu durable et complet avant même le prochain round de pourparlers", a-t-il déclaré aux ambassadeurs des 15 pays du Conseil. "Je compte sur votre aide dans les mois à venir".

Pour que le cessez-le-feu tienne, le médiateur a préconisé "des accords plus solides et des mécanismes plus robustes pour garantir son respect".

Des pourparlers se sont tenus à huis clos en Suisse la semaine dernière entre représentants du gouvernement reconnu internationalement et les rebelles chiites Houthis pour tenter de mettre fin à près de neuf mois de guerre.

Les protagonistes du conflit yéménite doivent se retrouver le 14 janvier mais le cessez-le-feu officiellement instauré sur place continue d'être violé.

Le Yémen a été mardi matin le théâtre de combats et bombardements meurtriers en dépit de la prolongation annoncée du cessez-le-feu, selon des sources militaires.

Cette trêve était entrée en vigueur le 15 décembre, afin de coïncider avec des pourparlers en Suisse, mais a été violée de nombreuses fois par les belligérants.

"Les conditions de vie sont devenues intenables pour la plus grande partie de la population au Yémen", a souligné devant le Conseil le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Zeid Ra'ad al-Hussein.

Il a notamment mis en cause les raids aériens de la coalition conduite par Ryad qui soutient le gouvernement yéménite. Dénonçant les destructions d'infrastructures civiles, en particulier des hôpitaux et des écoles, il a estimé "qu'une part disproportionnée (de ces destructions) était le résultat de raids aériens menés par les forces de la coalition".

Zeid Ra'ad al-Hussein a appelé de nouveau à une enquête internationale sur les violations des droits de l'homme dans le conflit, tout en "saluant" l'annonce par le gouvernement yéménite de la création d'une commission d'enquête nationale.

Il a appelé le Conseil à "tout faire pour limiter l'usage de la force par toutes les parties" et pour les inciter à respecter le droit humanitaire international.

L'ambassadrice américaine Samantha Power, qui préside le Conseil en décembre, a réclamé aux belligérants un "cessez-le-feu durable". Elle a demandé aux Houthis et leurs alliés de "cesser leurs attaques aveugles" sur Taez (sud-ouest) et "à travers la frontière" vers l'Arabie saoudite, et à la coalition de ne pas cibler les civils et "d'enquêter de manière approfondie" sur toute éventuelle bavure.

Selon l'ONU, le conflit yéménite a fait 2.700 morts civils, dont 637 enfants, et plus de 5.300 blessés dans la population. 80% des 21 millions de Yéménites ont désormais besoin d'une aide humanitaire.

Selon une responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Kyung-Wha Kang, la situation est particulièrement dramatique à Taez, "où 200.000 civils ont été privés de toute aide" et où les installations médicales encore ouvertes sont "débordées par les nouveaux blessés".

avz/elc