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22/12/2015 03:12 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Russie: perquisitions chez des partisans du critique du Kremlin Khodorkovski

La police russe a perquisitionné mardi les appartements de plusieurs employés du mouvement Open Russia (Russie ouverte), fondé par le critique du Kremlin Mikhaïl Khodorkovski pour rassembler les forces d'opposition dans le pays, a annoncé ce mouvement.

"Les perquisitions sont effectuées depuis ce matin dans les appartements des employés d'Open Russia et de la porte-parole de Mikhaïl Khodorkovski", Olga Pispanen, a indiqué ce mouvement pro-européen dans un communiqué publié sur son site.

Elles sont liées à l'enquête pour escroquerie et évasion fiscale, ouverte contre l'ex-PDG du groupe pétrolier Ioukos en 2003, affirme le communiqué.

Le comité d'enquête russe a pour sa part fait état d'"actes d'instruction" dans le cadre de l'"affaire Ioukos" lancée en 2003.

Les domiciles d'au moins sept partisans de M. Khodorkovski, notamment ceux qui travaillent pour son mouvement à Saint-Pétersbourg, ont été perquisitionnés, selon un défenseur des droits de l'Homme russe, Pavel Tchikov.

Ces perquisitions ont toutefois peu de sens puisque les faits auxquels font référence les enquêteurs sont "au-delà du délai de prescription", a-t-il estimé dans un message publié sur Twitter.

M. Khodorkovski a dénoncé ces perquisitions, "stade finale du délire" des autorités, dans une interview à la radio Echo de Moscou.

"C'est assez amusant compte tenu du fait qu'aucun des employés ou militants d'Open Russia n'a travaillé pour Ioukos", a-t-il déclaré, en soulignant que la plupart d'entre eux étaient des enfants à l'époque.

C'est le cas de Mikhaïl Roskine, employé pour Open Russia à Saint-Pétersbourg, 24 ans, qui a raconté à l'AFP la perquisition de l'appartement de ses proches.

En 2003, "j'avais 12 ans. Et je pensais alors à tout sauf à Khodorkovski et à la politique", a-t-il souligné.

Le 11 décembre, la justice russe avait annoncé son intention d'inculper de meurtre Mikhaïl Khodorkovski et de lancer un avis de recherche international à son encontre, dans le cadre d'une affaire remontant à 1998.

L'ancien homme le plus riche de Russie, qui réside actuellement à Londres, avait d'ores et déjà qualifié cette affaire qui porte sur l'assassinat d'un maire en Sibérie de "politiquement motivée".

Mikhaïl Khodorkovski a passé près de dix ans en prison après son arrestation en 2003 et sa condamnation pour "vol par escroquerie à grande échelle" et "évasion fiscale", avant d'être gracié en 2013 par Vladimir Poutine.

Après avoir affirmé ne pas souhaiter se mêler de politique, M. Khodorkovski a créé un mouvement destiné à rassembler les maigres forces pro-européennes en Russie.

Début décembre, l'ancien oligarque a appelé à une "révolution" en Russie, dénonçant un "coup d'État" du président russe dont il juge le pouvoir "illégitime".

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