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22/12/2015 04:50 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Quand un agent dégaine son arme au coeur d'une manifestation

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) confirme qu'un ses agents a dégainé son arme de service lors d'une manifestation contre l'austérité tenue vendredi dernier. « Il craignait pour sa vie », a fait valoir le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, dans une entrevue accordée mardi à Gravel le matin.

Selon lui, deux policiers du groupe d'intervention étaient présents lors de cette manifestation, dans le but d'en « extraire les gens qui font des actes criminels ». Ils ont finalement été reconnus par des manifestants, qui les ont encerclés et leur auraient lancé des objets.

Les agents ont alors sommé les manifestants de reculer, puis ont sorti leur poivre de Cayenne, mais en vain. L'un d'eux a donc sorti son arme en bout de piste.

Le porte-parole du SPVM a été évasif quant à la façon dont les policiers ont pu se glisser dans la manifestation.

Il a d'abord dit qu'ils étaient habillés « en civil » afin de « ressembler le plus possible aux gens sur place » et « passer incognito ». S'ils étaient en uniforme, on « n'aurait pas cette facilité-là », a-t-il plaidé.

À la fin de l'entrevue, Ian Lafrenière a plutôt soutenu que les agents présentaient un « look assez policier », ce qui explique pourquoi ils ont été reconnus.

Il n'a d'ailleurs pas pu préciser si les agents portaient des cagoules, comme l'ont raconté des témoins. Des vérifications sont en cours, mais « je n'ai pas de réponse » à ce sujet, a-t-il laissé tomber.

Agents provocateurs et désinformation

Il dément aussi que les policiers agissent comme des « agents provocateurs » dans de telles situations. « Ce ne sont pas les policiers qui demandent aux gens de faire des actes criminels » ou qui viennent mettre l'« huile sur le feu », affirme-t-il, en dénonçant la « désinformation » dont les policiers font l'objet, selon lui.

Lorsqu'on lui fait remarquer que la version qu'il offre diffère de celle fournie par des témoins, il répond laconiquement : « on a rarement la même version ».

Bien que les policiers se sont mêlés à la manifestation, M. Lafrenière assure qu'il est inexact de dire qu'ils étaient « infiltrés », un terme réservé à des agents qui enquêtent dans des causes criminelles, comme du trafic de stupéfiants ou un complot pour meurtre.

Il fait aussi valoir que la présence de ces agents est positive pour les manifestants, dans la mesure où ces derniers n'ont pas l'intention de commettre des actes criminels.

Il souligne du même souffle que seuls 8 des 500 manifestants participant à la manifestation de vendredi ont été arrêtés.

M. Lafrenière déplore par ailleurs que les médias ne parlent pas du fait que des manifestants ont lancé des projectiles « à bout portant » sur les policiers, comme on peut le voir, selon lui, dans des vidéos mises en ligne sur YouTube.

Le porte-parole du SPVM n'a pas voulu commenter l'histoire de Katie Nelson, une étudiante de l'Université Concordia qui affirme avoir été violentée par les forces de l'ordre lors d'une manifestation étudiante.

La police de Montréal est au courant des accusations portées par cette dernière, mais « nous, on n'a pas la même version des choses », s'est-il contenté de dire.