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22/12/2015 07:53 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

Népal: poursuite des manifestations de minorités ethniques contre la nouvelle Constitution

Des manifestants appartenant à une minorité ethnique népalaise ont continué mardi de bloquer la frontière avec l'Inde afin de protester contre la nouvelle Constitution, rejetant une proposition d'amendement du gouvernement qu'ils jugent insuffisante.

Plus de 50 personnes ont été tuées lors d'affrontements entre la police et les opposants à la nouvelle constitution de l'Etat himalayen, adoptée en septembre après un séisme catastrophique qui a poussé les partis rivaux à se mettre d'accord.

Les opposants regroupés au sein du Front démocratique uni (UDMF) ont jugé mardi "incomplète" et "peu claire" la proposition d'amendement du gouvernement.

"Le mouvement de protestation se poursuivra jusqu'à ce que ... la démarcation fédérale soit corrigée", a indiqué l'UDMF dans un communiqué.

Des manifestants de l'ethnie Madhesi bloquent le principal poste frontalier avec l'Inde à Birgunj, estimant que la nouvelle constitution les marginalise.

Les opposants de la minorité ethnique demandent aussi aux législateurs de modifier les nouvelles frontières administratives intérieures du pays qui entraînent une sous-représentation des minorités au parlement national.

"Nous ne pouvons arrêter le mouvement de protestation juste sur la base d'une telle proposition. Le gouvernement doit d'abord régler ces questions avec nous", a déclaré à l'AFP un responsable de l'UDMF, Sarbendra Nath Shukla.

Le ministère népalais des Affaires étrangères avait assuré lundi que Katmandou était prêt à amender la nouvelle Constitution afin de favoriser une présence accrue au sein des assemblées de la minorité des Madhesis grâce à une représentation proportionnelle. Il avait aussi annoncé qu'il allait revoir la démarcation des provinces et soumettre des recommandations dans les prochains mois.

Le Népal, pays enclavé, est largement dépendant de l'Inde pour les importations de carburant et de produits de première nécessité, et le passage des camions citernes par la frontière est pratiquement à l'arrêt depuis le début des manifestations, le Népal accusant l'Inde, qui a critiqué la nouvelle Constitution, d'avoir imposé "un blocus non officiel".

New Delhi a rejeté ces accusations et appelé le Népal à mener des pourparlers avec les Madhesis, qui entretiennent des liens culturels, linguistiques et familiaux avec les Indiens vivant de l'autre côté de la frontière.

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