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22/12/2015 06:48 EST | Actualisé 22/12/2016 00:12 EST

L'ONU s'efforce de faciliter la livraison d'aide humanitaire en Syrie

Le Conseil de sécurité a adopté mardi une nouvelle résolution pour tenter de faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire à des millions de Syriens, alors que ses précédentes décisions ne sont que très partiellement appliquées.

Ce nouveau texte a été adopté à l'unanimité comme les précédents, y compris par la Russie alliée de Damas.

Il prolonge d'un an, jusqu'au 10 janvier 2017 l'autorisation donnée aux convois de l'ONU de passer par les frontières extérieures de la Syrie sans l'accord préalable de Damas, afin de secourir des centaines de milliers de civils dans des zones tenues surtout par l'opposition armée.

De nombreux camions sont déjà passés depuis juillet 2014 par les pays limitrophes, essentiellement la Turquie et la Jordanie, avec un mécanisme de contrôle des cargaisons organisé par l'ONU.

Le texte demande aussi aux autorités syriennes de donner une suite favorable aux demandes des humanitaires pour "acheminer leur aide à travers les lignes de front" entre zones gouvernementales et rebelles.

La résolution rappelle à tous les belligérants l'obligation qui leur est faite par les lois humanitaires internationales de laisser passer les secours destinés à la population civile.

Le Conseil constate cependant "un défaut de mise en oeuvre effective" de ses décisions précédentes et note que les protagonistes tant du côté gouvernemental que rebelle y mettent de nombreux obstacles, y compris administratifs.

Il déplore notamment que "les obstacles à l'acheminement de l'aide humanitaire à travers les lignes de conflit persistent et se multiplient" et incrimine les autorités syriennes "qui autorisent moins de convois".

Ainsi entre 2013 et 2015, la proportion de convois autorisés est passée de 65% à 29% et au moins 47 demandes d'autorisation sont actuellement en souffrance.

Le résolution rappelle aussi que depuis que les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) se sont emparés de vastes territoires en Syrie et en Irak, une partie de la population civile qui a besoin d'aide est pratiquement coupée du monde.

Selon la résolution, l'EI et d'autres groupes extrémistes "empêchent près de la moitié de la population dans des zones difficiles d'accès et plus de la moitié de celle des zones assiégées de recevoir l'aide humanitaire".

Selon l'ONU, il est de plus en plus difficile pour les humanitaires d'accéder à 4,5 millions de civils dans des zones difficiles d'accès ou des zones assiégées. 393.700 civils sont ainsi dans une "situation désastreuse", pris au piège des combats. L'ONU n'a pu secourir chaque mois que moins de un pour cent d'entre eux.

Selon l'ONU, 13,5 millions de Syriens ont besoin d'aide humanitaire d'urgence et 6,5 millions d'entre eux ont été déplacés par la guerre qui dure depuis quatre ans et demi. En outre, 4,2 millions de réfugiés ont fui le pays, essentiellement vers les pays voisins (Liban, Turquie, Jordanie).

avz/elc